La philosophie de A à Z

1. Les vérités et la vérité

Qu’est-ce que la vérité ? C’est la question que pose ironiquement Pilate à Jésus dans l’Evangile selon Saint-Jean. Au risque de décevoir le lecteur, nous devons signaler immédiatement que nous n’entendrons pas la question au sens religieux que lui donne Jésus lorsqu’il affirme qu’il est “venu dans le monde pour rendre témoignage de la vérité” : nous n’avons pas pour objectif, contrairement à Jésus, de révéler une unique vérité, profonde et cachée, qui permettrait d’éclairer d’un sens nouveau les nombreuses vérités plus triviales qui constituent notre pain quotidien. Certes, les philosophes s’intéressent à la vérité, au singulier, alors que les spécialistes des différentes disciplines scientifiques s’intéressent aux vérités, au pluriel. Par exemple, les géologues s’intéressent, depuis les travaux d’Alfred Wegener (1880-1930), aux vérités portant sur la dérive des continents et ils tentent d’expliquer ces vérités par des théories ou des modèles scientifiques. Les philosophes, de leur côté, n’ont pas de compétences spéciales concernant les vérités particulières que recherchent les sciences. Cela ne signifie pas pour autant qu’étudier la vérité en philosophe implique de rechercher une unique vérité plus profonde que les autres : la philosophie s’intéresse au contraire à ce qu’ont en commun toutes les vérités, de la plus profonde à la plus triviale, et vise à décrire les caractéristiques communes qui en font des vérités. Ainsi, c’est une vérité qu’il y a des montagnes sur la Lune ; et c’est aussi une vérité que Zinédine Zidane a marqué une Panenka contre l’Italie en Juillet 2006. Les deux énoncés (1) et (2) n’ont sans doute rien de plus en commun que d’être vrais tous les deux, mais ils ont au moins cela en commun :

(1) Il y a des montagnes sur la Lune.

(2) Zinédine Zidane a marqué une Panenka contre l’Italie en Juillet 2006.

Nous allons essayer de mieux comprendre ce que des énoncés comme (1) et (2) peuvent avoir en commun, de sorte qu’on puisse correctement les caractériser comme « vrais ».


2. Y a-t-il une histoire de la vérité ?

Les vérités ont-elles un commencement dans le temps et sont-elles susceptibles aussi bien de cesser d’exister, à la manière dont les individus biologiques naissent et meurent ? Michel Foucault le suggère lorsqu’il parle de « l’invention de la vérité », et qu’il se demande, semblant anticiper les interrogations sur la « post-vérité », si « la vérité est (…) un épisode » et s’il « y aura une fin de la vérité » (Foucault, 2011 ; p. 199). Ne s’agit-il pas d’une confusion cependant ? Considérons la découverte d’une vérité, par exemple la découverte par Galilée de l’existence de montagnes sur la Lune.

Avant que Galilée ne tourne sa lunette vers la Lune, y observe des ombres, et en déduise l’existence de montagnes, les philosophes considéraient la Lune comme une sphère parfaite. Galilée a-t-il pour autant créé la vérité selon laquelle il y a des montagnes sur la Lune ? Cela voudrait dire qu’il n’y avait pas de montagnes sur la Lune avant sa découverte, ce qui semble bien peu plausible : pourquoi donc la simple observation de la Lune par Galilée aurait-elle pu avoir une telle influence sur cet astre que des montagnes y apparaissent soudain ? Ce que la découverte de Galilée a modifié, ce n’est donc pas la vérité de la proposition selon laquelle il y a des montagnes sur la Lune : cette proposition était semble-t-il vraie avant les observations de Galilée, et on peut supposer qu’elle restera vraie éternellement. C’est plutôt notre attitude vis-à-vis de cette proposition qui a changé : elle est progressivement devenue, grâce aux travaux scientifiques de Galilée, un objet de croyance. On peut caractériser les croyances humaines comme étant vraies ou fausses, et les croyances humaines sont certainement susceptibles de changer. Cela implique-t-il que la vérité ait une histoire ? Sans doute pas : ce sont nos attitudes vis-à-vis des vérités qui changent. Ce que Michel Foucault désigne comme « histoire de la vérité » devrait donc plutôt être décrit comme l’histoire de nos représentations et de nos attitudes vis-à-vis des vérités.


3. La vérité est-elle relative ?

Or, nos attitudes vis-à-vis des vérités dépendent de toutes sortes de facteurs. En premier lieu, de facteurs psychologiques : pour pouvoir accepter une vérité, il faut maîtriser certains concepts, posséder certaines représentations mentales. En ce sens, ces attitudes sont relatives aux cadres conceptuels qui définissent l’ensemble des représentations disponibles, à une certaine époque, et dans une certaine communauté. Considérons la question, discutée par Bruno Latour dans un article célèbre, de savoir si le pharaon Ramsès II est mort de la tuberculose. Pour que cette question puisse être formulée, il faut disposer du concept exprimé par le mot « tuberculose » et d’autres concepts associés à celui-ci, comme le concept du « bacille de Koch ». Un contemporain de Ramsès n’aurait pas pu se demander s’il était, oui non non, mort de la tuberculose, parce qu’en l’absence de représentations mentales des germes, la question n’a aucun sens. Relativement au cadre conceptuel de la théorie microbienne en revanche, qui permit à Robert Koch de découvrir en 1882 la bactérie responsable de la tuberculose, cette question possède un sens précis. Le fait de découvrir aujourd’hui des traces du bacille de Koch dans la momie de Ramsès II constitue une bonne justification scientifique de la thèse selon laquelle le décès du pharaon a bien été causé par cette maladie. Cela implique-t-il cependant que la vérité formulée dans l’énoncé (3) soit relative au cadre conceptuel de la théorie microbienne ?

(3) La mort de Ramsès II a été causée par une infection par le bacille de Koch.

C’est ce que soutient Bruno Latour lorsqu’il écrit que cet énoncé ne pouvait pas être vrai il y a 3000 ans : « […] Ramsès II est bien tombé malade « 3000 ans après sa mort ». Il a fallu attendre 1976 pour donner une cause à sa mort et 1882 pour que le bacille de Koch puisse servir à cette attribution. Avant Koch, le bacille n’a pas de réelle existence. (….) Dans cette hypothèse, les chercheurs ne se contentent pas de « découvrir » : ils produisent, ils fabriquent, ils construisent » (La Recherche, 307, 84-85).

On peut appeler cette position le relativisme de la vérité : c’est la thèse d’après laquelle un énoncé n’est jamais vrai de façon absolue, mais relativement à un certain cadre conceptuel. Elle peut sembler séduisante, mais elle a des conséquences vraiment curieuses lorsqu’on la prend au sérieux. Supposons que l’énoncé (3) ne soit pas vrai relativement au contexte de la mort de Ramsès II, il y a 3000 ans. Notons immédiatement que sa négation n’est pas vraie non plus relativement à ce contexte, puisque l’énoncé (4) contient l’expression « bacille de Koch » :

(4) La mort de Ramsès II n’a pas été causée par une infection par le bacille de Koch.

Cela contredit une loi logique fondamentale, la loi du tiers exclu, qui implique que Ramsès II est ou bien mort de la tuberculose, ou bien qu’il n’est pas mort de la tuberculose.

Pouvait-on au moins dire véridiquement, vers 1213 avant JC, que Ramsès II était mort de quelque chose, c’est-à-dire que sa mort avait une certaine cause ? Cela ne semble pas le cas ! Puisque selon Latour le bacille de Koch n’existait littéralement pas avant d’être « construit » scientifiquement, et puisqu’en 1213 la mort de Ramsès II n’avait évidemment pas pour autant d’autre cause qu’une infection par le bacille de Koch, on ne voit pas très bien ce qui pouvait rendre vrai, à ce moment de l’histoire, l’énoncé (5) :

(5) Quelque chose a causé la mort de Ramsès II.

On en arrive à la conclusion troublante selon laquelle la mort de Ramsès II n’avait aucune cause vers 1213 avant JC, puis a acquis une cause suite aux travaux de Robert Koch. Or, cela semble un truisme de dire que beaucoup des entités dont nous parlons aujourd’hui existaient avant que nous commencions à en parler. Par exemple, il semble que la Lune existait avant que les êtres humains apparaissent sur la Terre, que les dinosaures existaient avant qu’on découvre leurs fossiles, … et que le bacille de Koch existait dans le corps de Ramsès II avant que des scientifiques effectuent des observations sur sa momie. Le relativisme de la vérité défendu par Latour, selon lequel l’existence même des faits dépend de celle des concepts qui permettent de les décrire, n’est pas compatible avec cette évidence.


4. La vérité est-elle objective ?

Etant données les difficultés que rencontre la conception relativiste de la vérité, il est utile de distinguer entre nos représentations mentales, susceptibles de varier au cours du temps, et les contenus abstraits de ces représentations mentales, que nous appellerons, en suivant l’usage philosophique, des « propositions », qui ne varient pas. Nos représentations mentales dépendent de notre histoire particulière, du contexte historique et social dans lequel nous avons été éduqués, des idées auxquelles nous nous sommes trouvés confrontés. Considérons ainsi la croyance selon laquelle Ramsès II est mort d’une infection causée par le bacille de Koch. Nous n’aurions pas pu former cette croyance si nous ne connaissions pas la théorie microbienne, et si nous n’avions pas formé une certaine représentation conceptuelle de la bactérie responsable de la tuberculose. Mais la proposition permettant de décrire et d’identifier cette croyance, la proposition selon laquelle ce pharaon est mort de la tuberculose, est complètement indépendante de ces représentations et du contexte historique et social qui a permis leur diffusion. Si nous n’existions pas, cela ne changerait rien aux caractéristiques de cette proposition — en particulier au fait qu’elle est vraie. Comme le souligne Gottlob Frege :  « on ne doit jamais oublier qu’une proposition ne cesse pas plus d’être vraie quand je n’y pense pas, que le soleil n’est anéanti quand je ferme les yeux » (Frege, 1969 ; p. 119).

A toute proposition peuvent être associées des conditions de vérité, c’est-à-dire un certain état dans lequel le monde doit se trouver pour que la proposition soit vraie. Ainsi :

(6) La proposition selon laquelle Ramsès II est mort de la tuberculose est vraie si, et seulement si, Ramsès II est mort de la tuberculose.

Il n’y a aucun doute que l’énoncé (6) est parfaitement trivial et acceptable par quiconque, mais il s’agit d’une trivialité importante, car elle montre qu’il existe un lien entre la vérité des propositions et certaines conditions objectives, leurs conditions de vérité. Pour quelque proposition que ce soit selon laquelle P, on peut en effet affirmer que :

(7) La proposition selon laquelle P est vraie si et seulement si P.

Si l’on remplace « P » par l’énoncé d’une proposition quelconque, il semble qu’on obtienne une équivalence vraie :

(8) La proposition selon laquelle il y a des montagnes sur la Lune est vraie si, et seulement si, il y a des montagnes sur la Lune.

(9) La proposition selon laquelle Zinédine Zidane a marqué une Panenka contre l’Italie est vraie si, et seulement si, Zinédine Zidane a marqué une Panenka contre l’Italie.

(…)

Notre concept naïf, pré-théorique, du vrai, semble impliquer que tous ces énoncés sont corrects. Si un locuteur du Français affirmait l’énoncé (10), on remettrait certainement en question sa compréhension du concept de vérité :

(10) La proposition selon laquelle Canberra est la capitale de l’Australie est vraie, mais Canberra n’est pas la capitale de l’Australie.

Il en découle que la vérité d’une croyance ne dépend ni du point de vue de la personne ayant formé la croyance, ni de ses autres croyances, ni même des raisons subjectives qu’elle peut avoir d’adhérer à la proposition, mais plutôt de conditions extérieures et objectives. Nous appellerons « conception objectiviste » la thèse selon laquelle toute proposition a des conditions de vérité qui ne dépendent que du monde extérieur.


5. La vérité, est-ce une correspondance avec les faits ou une question de croyance ?

Dans un tel cadre objectiviste, une croyance bien justifiée peut se révéler fausse, et inversement une croyance irrationnelle, formée sans considération des données, peut se révéler vraie. Faut-il cependant adhérer à cette conception ? Deux grandes approches s’affrontent à propos de cette question, la conception épistémique de la vérité, et la conception réaliste de la vérité.

Les partisans d’une approche épistémique de la vérité considèrent que le concept de vérité, contrairement à ce que nos intuitions pré-philosophiques suggèrent, n’est pas réellement indépendant du concept de connaissance, et qu’il doit donc être redéfini. Selon ce point de vue, la vérité d’une proposition est nécessairement liée à son acceptabilité rationnelle : il est absurde qu’il puisse exister des propositions vraies, mais qui néanmoins seraient destinées à rester à jamais inconnaissables par les êtres humains. Imaginons qu’il existe un coffre verrouillé à l’aide de moyens magiques, de sorte qu’il soit impossible, au sens le plus fort du terme, de l’ouvrir pour en observer le contenu. Imaginons de plus que le coffre contienne en fait un scarabée. Aucun locuteur, dans cette situation imaginaire, n’a de bonnes raisons d’affirmer l’énoncé (11), puisqu’il est impossible pour quiconque d’avoir accès au contenu du coffre :

(11) Il y a un scarabée dans la boîte.

En conséquence, un tenant de l’approche épistémique soutiendra que (11) n’est pas vrai, puisqu’on ne peut pas mettre la proposition exprimée par (11) en relation avec des connaissances susceptibles de la rendre rationnellement acceptable. Au contraire, un partisan de l’approche objectiviste dira que (11) possède une valeur de vérité (en l’occurrence, le vrai), même si personne ne peut connaître cette valeur.

Comparons, pour illustrer ce désaccord, l’analyse de cette sorte de situation par Aristote, l’un des premiers défenseurs de la théorie de la vérité comme correspondance, et par Goodman, un partisan de l’approche épistémique. Selon Aristote, la vérité d’une proposition se fonde sur une réalité qui lui est extérieure et pas sur nos croyances. Ainsi écrit-il, dans le traité des Catégories, que «  la proposition vraie n’est en aucune façon cause de l’existence de la chose ; c’est au contraire la chose qui semble être, en quelque sorte, la cause de la vérité de la proposition, car c’est de l’existence de la chose ou de sa non-existence que dépend la vérité ou la fausseté de la proposition ». Aristote considérerait donc que la simple existence du scarabée dans la boîte suffirait à garantir la vérité de (11), quelles que soient par ailleurs nos croyances. Goodman soutient en revanche que la vérité peut être identifiée à la crédibilité « totale et permanente ». Or, l’énoncé (11) n’est pas plus crédible que sa négation en l’absence de toute information fiable concernant le contenu du coffre.

Les approches épistémiques de la vérité ne s’accordent pas avec nos intuitions. Dans le débat imaginaire entre Aristote et Goodman, il est difficile de ne pas souligner que puisque les êtres humains sont imparfaits et donc pas toujours rationnels, on peut facilement imaginer que des propositions fausses soient non seulement crédibles à un certain moment pour des êtres humains, mais le restent de façon permanente. Inversement, on peut supposer que certaines vérités soient tellement difficiles à saisir qu’elles ne deviennent jamais des objets de croyance.

Goodman rétorquerait qu’il faut faire notre deuil de ce concept objectiviste de vérité. Il insisterait sur le fait que dans certains cas, nos croyances sont crédibles totalement et de manière permanente, même lorsqu’il est difficile de trouver une réalité dans le monde susceptible de les rendre vraies. Considérons ainsi un jugement moral, tel que :

(12) Il est mal de torturer les enfants.

Il paraîtrait monstrueux de ne pas considérer que (12) est un énoncé crédible. Néanmoins, existe-t-il quelque chose dans le monde qui le rende vrai ? Y a-t-il un fait moral objectif qui explique qu’énoncer (12) revient à énoncer une vérité ? Répondre de manière positive n’implique pas de s’engager sur la nature de cette réalité morale : les partisans de la théorie de la vérité comme correspondance soutiennent que ce sont toujours des traits objectifs du monde qui rendent vraies les propositions, même lorsque la nature des traits en question nous est obscure.


6. Entre-t-on dans l’ère de la post-vérité ?

Selon l’approche objectiviste, les vérités sont indépendantes de nos croyances. Cela ne veut cependant pas dire qu’il n’existe pas un lien étroit entre le concept de croyance et celui de vérité. Il semble en effet difficile d’admettre qu’une croyance fausse soit également correcte, et l’on peut critiquer un interlocuteur si l’on estime qu’il a formé une croyance incorrecte. En ce sens, la vérité est une norme de la croyance : lorsqu’une croyance est fausse, elle est aussi incorrecte et peut être légitimement critiquée. L’éminence de cette norme dans l’ensemble des normes est actuellement de plus en plus souvent contestée, surtout dans le monde politique. C’est le thème de la post-vérité. Un tenant de la post-vérité n’est pas simplement un menteur ou un manipulateur, mais plutôt quelqu’un qui remet en question l’importance même de la vérité comme norme. Même si l’on admet que la vérité est une norme, et qu’à cet égard les croyances vraies sont désirables, on peut lui préférer d’autres normes et d’autres valeurs : l’efficacité, l’utilité, la justice, la liberté, le bonheur sont parfois placés au-dessus de la norme du vrai. Le problème dans cette position, c’est qu’elle oublie qu’il existe un lien essentiel entre la vérité et ces autres valeurs. Une politique de santé efficace pourrait-elle se désintéresser complètement des faits médicaux ? Lorsqu’un politicien prétend mettre l’efficacité au-dessus de la vérité, il passe sous silence que les faits sont têtus : il ne suffit pas, par exemple, de décréter que la vaccination cause l’autisme pour lutter efficacement contre l’autisme, car agir sur la base de croyances fausses ne conduit pas en général au succès. Or nous savons que les vaccins ne causent pas l’autisme ! Certes la vérité n’est pas une norme exclusive, et elle peut entrer en conflit avec d’autres normes. Mais on ne peut pas la laisser de côté ou s’en désintéresser.


Bibliographie 

Pour une introduction en Français aux théories philosophiques de la vérité, on lira (Engel, 1998). On trouvera aussi de nombreuses ressources utiles sur le site http://www.opuscules.fr administré par Jean-Jacques Rosat. (Bouveresse, 2016) constitue une précieuse discussion critique de la conception foucaldienne de l’« histoire de la vérité », et surtout une remarquable introduction aux réflexions de Nieztsche. En ce qui concerne la question du relativisme, on consultera (Boghossian, 2009), ainsi que le débat entre Richard Rorty et Pascal Engel dans (Engel, Rorty 2005). Gottlob Frege demeure l’un des avocats les plus convaincants de l’objectivisme. On lira en priorité l’introduction de (Frege,1969), ainsi que l’article « La pensée », dans (Frege, 1971). Des arguments stimulants en faveur de la conception épistémique de la vérité sont présentés dans (Goodman, 2010) ainsi que dans (Putnam,1984). En plus des oeuvres classiques d’Aristote, en particulier La métaphysique et Les catégories, « La philosophie de l’atomisme logique » de Bertrand Russell (Russell, 1989) constitue une des sources principales de la théorie de la vérité comme correspondance, et (Armstrong, 2010) contient une présentation contemporaine du principe de « vérifaction », selon lequel toute vérité est rendue vraie par un trait objectif du monde. La question du caractère normatif de la vérité est un des thèmes importants dans l’oeuvre de Pascal Engel, en particulier dans (Engel, 1989). Enfin, (Künne, 2003) est sans doute l’ouvrage de référence en anglais le plus complet sur le sujet.

Armstrong, David Malet. 2010. Les universaux, une introduction. Paris: Ithaque.

Boghossian, Paul Artin. 2009. La peur du savoir. Sur le relativisme et le constructivisme de la connaissance. Marseille : Agone.

Bouveresse, Jacques. 2016. Nietzsche contre Foucault : sur la vérité, la connaissance et le pouvoir. Marseille : Agone.

Engel, Pascal. 1989. La norme du vrai : philosophie de la logique. Paris : Gallimard.

Engel, Pascal. 1998. La vérité : réflexions sur quelques truismes. Paris : Hatier.

Engel, Pascal, Richard Rorty. 2005. A quoi bon la vérité? Paris : Grasset.

Foucault, Michel. 2011. Leçons sur la volonté de savoir. Cours au Collège de France.1970-1971. Edition établie sous la direction de F. Ewald et A. Fontana, par D. Defert. Paris : Gallimard/Seuil.

Frege, Gottlob. 1969. Les fondements de l’arithmétique. Paris : Seuil.

Frege, Gottlob. 1971. Écrits logiques et philosophiques. Paris : Seuil.

Goodman, Nelson. 2010. Manières de faire des mondes. Paris : Gallimard.

Künne, Wolfgang. 2003. Conceptions of Truth. Oxford ; New York : Clarendon Press ; Oxford University Press.

Putnam, Hilary. 1984. Raison, vérité et histoire. Paris : Les Editions de Minuit.

Russell, Bertrand. 1989. Ecrits de logique philosophique. Paris : Presses universitaires de France.

Pascal Ludwig
Université Paris Sorbonne
pascal.ludwig@me.com

Renaud Dogat
Lycée Voltaire, Paris
renaud.dogat@noos.fr