La philosophie de A à Z

 

1. Introduction : l’idée générale de la réduction

Peut être qualifiée de « réductionniste » toute position philosophique qui s’articule autour d’une procédure systématique dite de « réduction », qui consiste – en cohérence avec l’étymologie même du terme, du latin reducere [ramener, rétablir] – à (ré)identifier deux entités qui, pour diverses raisons, ont préalablement été considérées comme séparées, différentes ou indépendantes. En substance donc, si l’on possède certaines raisons de penser qu’une entité Y diffère d’une entité X sous certains aspects, « réduire » Y à X revient à considérer que, fondamentalement, Y=X ou que, en des termes plus couramment employés, Y n’est en réalité « rien d’autre que » ou « rien de plus que » X. Par ailleurs, bien que cela ne transparaisse pas explicitement au travers de la symétrie de l’identité – si Y=X, alors X=Y –, la réduction de Y à X s’accompagne généralement de l’idée d’une certaine directionnalité dans le rapport de Y à X. En phase avec l’étymologie du terme, on dira en effet que, lorsque Y se réduit à X, c’est Y qui se ramène à X, et non l’inverse, ce qui sous-entend que, de Y et X, c’est le dernier qui se révèle plus fondamental, le premier ayant plutôt, en contraste, un statut dérivé.

À titre d’exemple, que le lecteur se considère un instant plongé dans l’univers fictionnel de la bande dessinée « Batman », et y incarne en particulier un personnage quelconque n’ayant pas la chance de faire partie de la proche intimité du milliardaire Bruce Wayne. Dans ce contexte, aux yeux du lecteur et jusqu’à preuve du contraire, Batman et Bruce Wayne sont deux personnes différentes (le lecteur n’éprouvera par exemple pas d’embarras à imaginer le premier combattre le crime pendant que le second assiste à un diner mondain). Si maintenant il se fait que le lecteur se retrouve dans la situation particulière où il est à même de voir Batman ôter son masque et d’ainsi l’identifier avec certitude comme étant Bruce Wayne, il sera à même d’opérer une réduction de Batman à Bruce Wayne en établissant l’identité du premier avec le second (qu’il exprimera sans doute dans des mots semblables à « Mon Dieu, Batman est en réalité Bruce Wayne ! »). Il est notable que, dans une telle situation, la directionnalité inhérente à la plupart des réductions peut être rendue explicite. Le lecteur considérera en effet sans difficulté que Batman est en réalité une identité secondaire ou dérivée de Bruce Wayne – et non l’inverse –, dans la mesure où il y aurait par exemple un sens à affirmer que, de Batman et Bruce Wayne, c’est ce dernier qui a d’abord existé et endossé subséquemment, et temporairement, l’identité du premier.

Toujours dans le contexte de cette illustration fantaisiste, on appellera donc « réductionnisme super-héroïque » toute conception des rapports entre super-héros et humains ordinaires construite sur une généralisation du cas « Batman » évoqué ci-dessus. S’il s’avère que de bonnes raisons poussent le lecteur à croire que tout super-héros possède en réalité une identité secrète en la personne d’un humain ordinaire, alors le réductionnisme super-héroïque pourra être défendu, selon lequel l’ensemble des super-héros est au moins contenu dans l’ensemble des humains ordinaires. Incidemment, le monde des super-héros devra être considéré comme dépendant ou dérivé du monde, plus fondamental, des humains ordinaires. À l’inverse, s’il se faisait qu’au moins un super-héros « authentique » existe, c’est-à-dire un super-héros dont l’identité super-héroïque est la seule identité, c’est-à-dire – en d’autres termes encore – un super-héros ne possédant pas d’identité humaine ordinaire (Thor, par exemple?), alors l’antiréductionnisme super-héroïque prévaudrait, selon lequel l’ensemble des super-héros serait (au moins partiellement) disjoint de l’ensemble des humains ordinaires. Incidemment, ces deux ensembles renverraient à des domaines de réalités distincts. Il n’y aurait pas de sens à affirmer que l’un est plus fondamental que l’autre.

Bien sûr, l’intérêt philosophique de débats relatifs au réductionnisme et à la réduction n’a que peu à voir avec la thématique du super-héroïsme. L’exemple évoqué est néanmoins en tout point analogue à certaines situations plus sérieuses et philosophiquement porteuses issues de contextes où la problématique du réductionnisme est aujourd’hui discutée, comme les sciences naturelles et formelles ainsi que la philosophie qui se penche sur ces dernières (principalement la philosophie dite « des sciences »). Dans le contexte particulier de la philosophie des neurosciences, on se posera par exemple la question de savoir si l’esprit (ou, plus précisément, les modalités mentales comme l’intentionnalité, la perception, les émotions, etc.) est fondamentalement différent du – et donc irréductible au – corps (ou, plus précisément, aux propriétés physiques des constituants du système nerveux central). S’il s’avère que c’est le cas, on défendra alors une conception antiréductionniste des rapports corps-esprit, sur le modèle, par exemple, de l’interactionnisme cartésien articulé autour de la croyance en l’existence de deux substances hétérogènes, la substance pensante (« l’esprit ») et la substance étendue (« la matière »). À l’inverse, si les neuroscientifiques nous révèlent qu’en réalité, et en dépit des apparences premières, les modalités mentales s’identifient à des processus physiques prenant corps dans le cerveau, alors une théorie de type réductionniste des rapports entre esprit et corps pourra être avancée et défendue.

2. La réduction dans le monde : vers un réductionnisme ontologique

On le comprend, l’enjeu d’une telle opposition – ici illustrée par l’entremise de l’exemple fantaisiste des super-héros et celui, plus sérieux, des rapports corps-esprit – est de nature ontologique, c’est-à-dire qu’il ressortit à la manière dont le monde lui-même est constitué, indépendamment de notre rapport cognitif à celui-ci (Batman est ou n’est pas Bruce Wayne, et l’esprit est identique au corps ou ne l’est pas, indépendamment du fait qu’on le croie, le sache ou le désire). À cet égard, la problématique du réductionnisme oppose des visions contrastées du monde que l’on peut capturer par l’entremise des expressions de « monisme » et de « dualisme » (ou, plus généralement, « pluralisme »). Selon le monisme, la réalité est foncièrement « une » ou unitaire. Par exemple, tout ce qui existe est matériel, et ce qui en apparence ne l’est pas – comme l’esprit – s’y réduit ultimement (on parlera dans ce cas de monisme « matérialiste »). À l’inverse, dans une perspective dualiste (ou pluraliste), il existe deux (ou plus de deux) principes ontologiques irréductibles auxquels tout se rapporte, comme par exemple la matière et l’esprit (on comprend dès lors pourquoi la théorie cartésienne des rapports corps-esprit est qualifiée de dualiste).

Les domaines de confrontation entre monisme (réductionniste) et dualisme (antiréductionniste) sont en réalité déclinables à l’infini. Si le cas des rapports corps-esprit est en réalité paradigmatique – sans doute car sa résolution revêt un caractère sensible pour appréhender la place que nous, êtres humains, occupons dans l’ordre naturel –, il n’est pas le seul à cristalliser l’opposition entre réductionnisme et antiréductionnisme à ce niveau ontologique. D’autres exemples importants dans l’histoire de la philosophie consistent en celui des rapports entre matière et vie (opposant un monisme matérialiste de type réductionniste, selon lequel le monde vivant s’identifie ou se réduit au monde matériel, et un dualisme vitaliste de type antiréductionniste, selon lequel le monde vivant est irréductible au monde matériel) ou encore celui de la problématique, dans les sciences chimiques, de la différence entre l’agrégat et le mixte (sous la forme : un composé chimique AB est-il réductible à la simple somme de A et B – auquel cas on parlera d’un agrégat –, ou bien constitue-t-il une nouvelle substance irréductible – un mixte – à cette somme de A et B?).

3. La réduction dans nos représentations : vers un réductionnisme épistémologique

Si les considérations développées jusqu’ici constituent un bon point d’entrée dans la caractérisation générale du réductionnisme, elles n’en n’épuisent pour autant pas toute la richesse et la complexité. En effet, la facette ontologique du débat dont il a été question jusqu’ici n’est pas la seule des dimensions le long desquelles peut s’étendre la problématique de la réduction. En toute généralité, la question de savoir si deux entités Y et X, en apparence différentes, sont en réalité identiques se révèle neutre quant à la nature exacte des entités en présence. Exprimé autrement, la relation de réduction peut se nouer – ou échouer à se nouer – entre des entités de natures très diverses. Dans le contexte de nos illustrations précédentes, relatives, nous l’avons dit, à la facette ontologique du débat entre réductionnisme et antiréductionnisme, les entités dont on souhaitait considérer le potentiel rapport de réduction consistaient soit en des objets (l’objet Batman et l’objet Bruce Wayne) soit en des substances (dans le cas cartésien, la substance pensante et la substance étendue). Rien ne nous impose cependant de restreindre le champ possible de la réduction à de tels cas de figure. En l’occurrence, en contraste avec la réduction se nouant potentiellement entre des entités – objets, substances, propriétés, événements, etc. – qui peuplent l’ontologie du monde, il est envisageable, et il est en l’occurrence même assez fréquent, que l’on se pose la question de la possible réduction entre des entités qui ressortissent à nos représentations du monde naturel. Dans un tel contexte, qui est d’ailleurs généralement restreint au champ des représentations scientifiques du monde, on parlera de réduction, ou d’irréductibilité, épistémologique (c’est-à-dire, comme faisant écho à notre manière de connaître le monde).

Le cas le plus fréquemment étudié de cette seconde classe de réduction que nous envisageons ici est celui relatif à la relation qui se noue entre deux théories scientifiques, ces théories étant comprises comme des ensembles logiquement organisés de concepts et de lois (les lois consistant elles-mêmes en un certain genre de propositions dans lesquelles figurent les concepts). Afin d’illustrer concrètement la dynamique et les enjeux possibles de ce genre de réduction, envisageons à titre d’exemple un cas fantaisiste de réduction entre deux théories T2 et T1, où T2, la théorie dite « réduite », consiste en la « psychologie de l’amour » et T1, la théorie dite « réductrice », consiste en la « neurobiologie de l’amour ». En particulier, considérons, par souci de simplicité, que T2 ne soit constituée que d’une seule loi, exprimable sous la forme suivante :

(L2) : Toutes les droitières aiment les gauchers.

Imaginons maintenant que certains neurobiologistes parviennent à identifier précisément les bases biologiques de ce que ce en quoi consiste le fait d’être droitière, d’aimer et d’être gaucher (dans la terminologie discutée plus haut, on dira que les neurobiologistes parviennent à réduire ontologiquement les objets droitière et gaucher, ainsi que la relation d’amour, à un substrat biologique). Plus précisément, faisons l’hypothèse que les neurobiologistes ont découvert les connexions suivantes :

(C1) : Une droitière est un individu qui possède deux chromosomes X et qui dégage des phéromones d ;

(C2) : Un gaucher est un individu qui possède un chromosome X et un chromosome Y, et qui dégage des phéromones g ;

(C3) : L’action d’aimer correspond à une augmentation du rythme cardiaque, une production de dopamine et une dilatation des pupilles.

Sur cette base, les neurobiologistes de notre illustration fantaisiste sont maintenant en mesure de déduire la loi psychologique (L2) à titre de conclusion d’un raisonnement valide dont les prémisses sont les connexions (C1), (C2) et (C3), augmentées de la loi neurobiologique suivante :

(L1) : Tous les individus qui possèdent deux chromosomes X et qui dégagent des phéromones d voient leur rythme cardiaque augmenter, produisent de la dopamine et ont les pupilles dilatées lorsqu’ils sont en présence d’individus qui possèdent un chromosome X et un chromosome Y, et qui dégagent des phéromones g.

Ceci étant, on dira que la psychologie de l’amour (la théorie T2) a été réduite à la neurobiologie de l’amour (la théorie T1), dans le sens où il est possible de déduire logiquement toutes les lois de T2 à partir de lois de T1.

Une telle relation entre les théories ici en jeu capture bien le sens général de la réduction véhiculé par l’idée selon laquelle l’entité réduite est ramenée à, ou identifiée à, l’entité réductrice. En effet, si l’on a pu croire de prime abord que la psychologie de l’amour se distinguait de la neurobiologie de l’amour dans la mesure où la première permettait, à l’inverse de la seconde, d’expliquer ou de prédire certains phénomènes psychologiques (comme l’amour que les droitières portent aux gauchers), il a été révélé qu’il n’en est en réalité rien. Tout ce que T2 peut expliquer ou prédire à propos du monde peut aussi l’être via T1. À cet égard, le contenu épistémique de T2 est tout entier épuisé par T1. En d’autres termes encore, T2 n’est pas une théorie autonome de T; T2 est contenue dans T1.

Pour se convaincre d’un tel fait, un test peut aisément être réalisé. Prenons à cet égard un phénomène que la psychologie de l’amour peut expliquer. La théorie ayant été construite de manière caricaturalement parcimonieuse, le choix se limite aux phénomènes capturés par des propositions de ce genre : Marie-Noëlle (qui est droitière) aime Olivier (qui est gaucher). Si on se limite au schéma philosophique classique qui conçoit l’explication scientifique sur le modèle de la déduction du phénomène à expliquer à partir de lois – le modèle dit « déductivo-nomologique » –, on constate que la théorie T2 est parfaitement armée pour expliquer ce phénomène. En effet, la loi (L2) conjointe aux deux conditions initiales selon lesquelles « Marie-Noëlle est droitière » et « Olivier est gaucher » constituent les prémisses d’un raisonnement valide dont la conclusion traduit le phénomène à expliquer. Il est aisé de voir qu’il en va de même au regard de la théorie T1, dans la mesure où le phénomène en jeu ici peut aussi être déduit de l’ensemble de prémisses que constituent la loi (L1), les connexions (C1), (C2), (C3) et les conditions initiales.

Une remarque s’impose avant de tirer les enseignements de cet exemple fantaisiste. Nous l’avons vu, la possibilité de mener à terme la réduction épistémologique de T2 à T1 requiert la réduction ontologique des entités auxquelles réfèrent les concepts de T2 et T1 (pour pouvoir connecter le concept de « droitière » à celui d’« individu possédant deux chromosomes X et dégageant des phéromones d », nous avons dû accepter l’hypothèse que les entités auxquelles renvoient ces concepts ont été montrées comme identiques par les neurobiologistes). Au-delà de notre exemple, c’est un fait généralement admis que le réductionnisme épistémologique requiert le réductionnisme ontologique, alors que l’inverse n’est pas forcément vrai (en conséquence, il est possible de défendre une position moniste adjointe à un antiréductionnisme épistémologique). Cette remarque n’est pas anodine, car elle permet de mettre le doigt sur l’une des principales faiblesses et, corrélativement, l’un des principaux lieux de discussion à propos du réductionnisme épistémologique entre théories, à savoir la disponibilité (et la nature exacte) des principes de connexions (Ci) nécessaires pour rendre la déduction subséquente opérante.

Au-delà de notre illustration, la réduction épistémologique ainsi pensée est aujourd’hui discutée à de nombreuses interfaces entre théories scientifiques. Pour ne citer que quelques exemples assez standard, les philosophes se sont par exemple interrogés – et continuent d’ailleurs de s’interroger aujourd’hui – quant à la possible réduction inter-théorique de la thermodynamique à la mécanique stastistique, de la génétique formelle de Mendel à la génétique moléculaire, ou encore de la psychologie à la neurobiologie (cette fois-ci dans leur sens large et sérieux). Dans chacun de ces contextes particuliers, l’enjeu sous-jacent aux discussions est le même : il s’agit pour les uns, réductionnistes, de montrer qu’une théorie en englobe une autre, rendant cette dernière obsolète ou redondante. Pour les autres, antiréductionnistes, il s’agit plutôt de défendre l’idée selon laquelle une théorie scientifique est autonome par rapport à une autre, dans le sens où la première peut permettre de rendre compte de certains phénomènes alors que la seconde ne le peut pas. Si maintenant on se pose plus largement la question de la réduction de toutes les théories scientifiques à une théorie unique supposée la plus fondamentale – souvent assimilée à la micro-physique –, alors la question de la réduction devient celle de savoir si la science dans son ensemble est unitaire et unifiée ou, au contraire, morcelée et désunifiée.

4. La vision hiérarchisée du monde et des sciences

Maintenant que nous avons présenté, exemples (fantaisistes et moins fantaisistes) à l’appui, les deux grandes variétés de réductionnisme – le réductionnisme ontologique et le réductionnisme épistémologique –, il peut être opportun de conclure en soulignant que, de manière quasi systématique, la question du réductionnisme se pose à l’aune d’une conception du monde comme hiérarchisé en des niveaux discrets de composition. Selon une telle conception, le monde naturel dans son ensemble peut être subdivisé en strates de complexité croissante, depuis le niveau des objets élémentaires de la physique (par exemple les particules fondamentales) vers les niveaux consistant en des organisations de ces objets élémentaires, successivement (et par exemple) les atomes, les molécules, les cellules, les organismes, les sociétés, etc. À l’aune d’une telle image stratifiée du monde naturel, la question de la réduction ontologique se pose souvent – mais pas systématiquement – comme la question des rapports entre un niveau et son niveau sous-jacent. Par exemple, on se posera la question de savoir si la cellule est réductible à l’amas de molécules la composant ou si, au contraire, la cellule est « plus que la somme des molécules la composant » (cette dernière idée d’irréductibilité renvoie à la question de l’émergence). Parallèlement, à la hiérarchie compositionnelle des entités naturelles correspond une hiérarchisation des sciences qui étudient ces entités, au regard de laquelle il y a par exemple un sens à dire que la physique est une science fondamentale (car elle étudie les objets qui sont à la base de la hiérarchie compositionnelle) et la biologie une science de niveau supérieur (car elle étudie les objets qui sont situées à des niveaux supérieurs de complexité de la hiérarchie compositionnelle). À cet égard, la question de la réduction épistémologique se pose généralement (mais pas nécessairement) comme la réduction possible de théories de niveau supérieur à des théories sous-jacentes dans la hiérarchisation des sciences.

Bibliographie

Littérature en Français

Esfeld, Michael, Philosophie des sciences. Une introduction, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2006. Un ouvrage introductif à la philosophie des sciences, contenant plusieurs chapitres relatifs à la réduction, mais aussi aux notions attenantes comme la conception hiérarchisée du monde ou l’unité des sciences.

Jacob, Pierre (éd.), De Vienne à Cambridge. L’héritage du positivisme logique de 1950 à nos jours, Paris, Gallimard, 1996. L’un des rares ouvrages francophones proposant des traductions de textes originaux relatifs à l’histoire récente du réductionnisme, et plus particulièrement à ses racines dans l’empirisme logique.

Kistler, Max, « La réduction, l’émergence, l’unité de la science et les niveaux de réalité », Matières Premières, n°2 (2007), pp. 67-97.
Cet article passe en revue et analyse les modèles de réduction les plus influents ayant été proposés depuis les années 1950. Il propose aussi une introduction à l’idée d’émergence, souvent présentée comme antagoniste à la réduction.

Ludwig, Pascal, « Réduction et émergence », in Anouk Barberousse, Dennis, Bonnay et Mikaël Cozic (éds.), Précis de philosophie des sciences, Paris, Vuibert, 2011, pp. 232-263.
Cet article propose un bon panorama introductif au débat entre réductionnisme et émergentisme, essentiellement dans la perspective particulière des rapports corps-esprit.

Littérature en Anglais

Horst, Steven, Beyond Reduction. Philosophy of Mind and Post-Reductionist Philosophy of Science, New York, Oxford University Press, 2007.
Ce livre propose notamment un panorama général de la problématique de la réduction dans le contexte particulier de la philosophie de l’esprit.

Hüttemann, Andreas et Love, Alan, « Reduction », éd. Paul Humphreys, The Oxford Handbook of Philosophy of Science, Oxford, Oxford University Press, 2016.
Cette entrée discute essentiellement de la réduction interthéorique nagélienne dans le contexte des sciences physiques et biologiques.

Nagel, Ernst, The Structure of Science. Problems in the Logic of Scientific Explanation, New York, Harcourt, 1961.
Le chapitre 8 consiste en le locus classicus du réductionnisme épistémologique.

Rosenberg, Alexander, Darwinian Reductionism. Or, How to Stop Worrying and Love Molecular Biology, Chicago, The University of Chicago Press, 2006.
L’un des rares ouvrages qui défend le réductionnisme en biologie. L’introduction constitue une bonne entrée dans la problématique.