La philosophie de A à Z

Introduction

Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons. Jean Renoir, La règle du jeu

Imaginez-vous au réveil dans une chambre inconnue, un lit inconnu, à côté d’une personne inconnue. Passé l’effroi, quelle sera votre première pensée ? Que votre présence dans ce lit est le fruit d’un réarrangement aléatoire des personnes et des objets dans l’univers (comme si le monde était mis sur « random ») ? Probablement pas. Vous chercherez une explication. Et vous en trouverez une, aussi déplaisante soit-elle.

Ou bien imaginez encore qu’un patient du Docteur Beauregard guérisse inopinément d’un mal que l’on croyait incurable. Croirez-vous que c’est arrivé sans raison ? Ce n’est pas ainsi que réagira le docteur en tout cas. Sa première réaction sera plutôt de soumettre son patient à une batterie de tests pour découvrir les raisons de sa guérison. Si le monde coopère, ses tests lui permettront de comprendre les raisons de la guérison. D’autres attribueront peut-être la rémission à une intervention surnaturelle, survenue après l’acquisition à Lourdes d’une icône made in Bangkok. Mais en appeler à une intervention surnaturelle, c’est toujours donner une explication.

Ou imaginez enfin que des scientifiques détectent des particules se déplaçant au-delà de la vitesse de la lumière. Quelle sera leur réaction ? Qu’il s’agit d’un inexplicable « caprice » de la nature ? Plus sûrement, leur attention se portera sur l’explication la plus plausible de cette découverte : une erreur dans leurs calculs.

Chaque fois qu’un fait nous surprend il est naturel que nous cherchions à l’expliquer. Ce qui est remarquable c’est qu’en général et en cherchant bien, nous trouvons. Nous sommes moins enclins à chercher des raisons aux faits ordinaires, ceux qui ne nous surprennent pas, la coutume faisant faussement office de compréhension. Il faut la curiosité perverse d’un philosophe ou d’un scientifique pour chercher à expliquer l’ordinaire. Et la science progressant, nous trouvons de plus en plus d’explications : de la formation des étoiles à l’émergence de certains rites funéraires, en passant par les mouvements tectoniques et l’apparition de caractéristiques biologiques ou psychologiques. Notre capacité à trouver des explications fournit une forme de confirmation empirique, c’est-à-dire fondée sur l’expérience, de ce que les philosophes nomment après Leibniz le « principe de raison suffisante » (pour faire court, « le PRS ») :

(PRS) rien n’est sans raison suffisante ; c’est-à-dire aucun fait n’est inexplicable.

Bien entendu, il arrive que l’explication d’un fait échappe au chercheur. Mais, quand bien même, c’est aux limites de ses connaissances qu’il attribuera son échec plutôt qu’à l’irréductible inexplicabilité des phénomènes observés. Bien sûr, il nous arrive de juger qu’un fait est « le fruit du hasard ». Mais dire cela, c’est simplement dire que le fait en question a une cause ou raison imprévue ou accidentelle ; et non qu’il est survenu en l’absence de toute cause ou raison. Cela explique pourquoi un grand nombre de philosophes, dès la période présocratique et jusqu’à la philosophie allemande du 19ème siècle, regardent le PRS comme constitutif de la démarche scientifique. Longtemps oublié ou dénigré depuis le 20ème siècle, le PRS connaît un regain d’intérêt.


1. Parenthèse : l’ambiguïté du mot « raison »

Le PRS est un principe à propos des raisons. Mais le mot « raison » renferme une ambiguïté qu’il vaut mieux évacuer d’emblée. « Raison » fait partie du champ lexical de la rationalité ou du raisonnement. En philosophie, on a parfois nommé « raison » la faculté d’être rationnel, de raisonner, ou le siège de cette faculté. La rationalité et le raisonnement font partie des thèmes étudiés par la philosophie de la connaissance, par les sciences cognitives et la logique. Mais la question de savoir si rien n’est sans raison est un thème d’étude de la métaphysique, cette branche théorique de la philosophie qui étudie la structure générale de la réalité [lien vers http://encyclo-philo.fr/metaphysique/]. La notion de « raison » impliquée dans le PRS est indépendante des notions de rationalité ou de raisonnement. Ce que le PRS questionne c’est si la réalité contient des faits dits « bruts », intrinsèquement inexplicables ; des faits qui se posent là sans raison ni pourquoi.


2. Considérations historiques

Le PRS a une longue histoire. Parménide semble en appeler au principe de raison suffisante lorsqu’il soutient (fragment VIII de son Poème) que l’être est inengendré et impérissable. Sinon, nous dit-il, aucune nécessité ne l’aurait obligé à naître plus tôt ou plus tard en commençant de rien (Voir Pruss 2006, pages 20-23, pour une étude de ce passage). Aristote remarque dans sa Physique (1.4, 187a26-29) que le principe « ex nihilo, nihil fit » [« rien ne vient à être de ce qui n’est pas »], souvent considéré comme une version du PRS, est très répandu chez les physiciens.

Mais le PRS a surtout connu son heure de gloire dans les systèmes philosophiques de Spinoza (1632-1677) et de Leibniz (1646-1716). Selon Michael Della Rocca (2008, p. 9), le PRS « est la clé permettant d’élucider nombre des mystères du système philosophique de Spinoza ». Spinoza emploie le PRS pour prouver l’existence de Dieu, justifier son monisme, selon lequel les êtres particuliers qui composent la nature ne sont que des affections de Dieu, et son rejet du libre-arbitre. Partant de Spinoza, on peut penser qu’il y a un fond de vérité quand Schopenhauer, dans sa thèse de doctorat sur le PRS, affirme que Leibniz « proclame [le principe de raison suffisante] très pompeusement en maints endroits de ses ouvrages, en affectant un air important et fait comme s’il venait de l’inventer ». Reste que Leibniz a davantage théorisé l’importance du PRS que Spinoza. Leibniz utilise le PRS pour montrer qu’il ne peut y avoir deux choses parfaitement similaires (voir Rodriguez-Pereyra 2014), que le temps et l’espace ne sont pas des substances indépendantes de ce qui s’y trouve (voir la section 6 de http://encyclo-philo.fr/temps/), que Dieu existe et que notre monde est le meilleur des mondes possibles.

Non seulement Spinoza et Leibniz font jouer au PRS un rôle de premier ordre, mais ils en défendent également une version particulièrement forte. Ainsi Spinoza pense même que si une chose n’existe pas, sa non-existence doit avoir une cause ou une raison (Éthique, partie 1, deuxième démonstration de la proposition 11). Bien sûr vous accepterez aussi qu’il y a une raison à l’inexistence des dodos : l’homme les a exterminés. Mais ce que dit Spinoza est plus fort. Pour lui, il y a aussi une raison à l’inexistence des fées et des farfadets, et cette raison est à trouver dans l’existence d’autres choses qui empêchent la leur. [Voir Melamed et Lin 2015 pour une introduction historique plus complète sur le principe de raison suffisante]


3. Le principe de raison suffisante 
aujourd’hui

Le PRS a perdu de sa splendeur d’antan. Les philosophes qui le défendent encore sont rares et ils n’en font pas un usage aussi systématique que Spinoza ou Leibniz. Cependant, le regain d’intérêt suscité par le PRS est certain (voir Pruss 2006, Della Rocca 2010, Correia et Schnieder 2012, Kleinschmidt 2013, Ross 2013, Dasgupta 2014, Guigon 2015, Schnieder et Steiberg 2015, Levey 2016). Ce regain a plusieurs causes parmi lesquelles on peut citer une relecture de la métaphysique des rationalistes modernes centrée autour du PRS (principalement par Della Rocca (2008 et 2012)), mais surtout le retour en grâce des notions de fondation métaphysique et d’explication non-causale (Schaffer 2009 ; Correia et Schnieder 2012 ; voir http://encyclo-philo.fr/fondation-metaphysique/).

Les philosophes contemporains comprennent la notion de raison suffisante impliquée dans le PRS en termes d’explication. Une explication est une réponse à une question du type « pourquoi ? ». Autrement dit, vous donnez une explication d’un fait F quand vous répondez à une question du type « Pourquoi ? » au moyen d’une phrase du type « F parce que G ». Pour prendre un exemple trivial, vous répondrez à la question « Pourquoi Paul n’est-t-il pas venu voir Esther alors qu’elle était au plus mal ? » par quelque chose comme « [Paul ne pouvait venir voir Esther] parce qu’il étudiait à Paris et n’avait pas d’argent. » Une explication comporte ainsi deux parties : ce qui se trouve à la gauche du « parce que » et que nous cherchons à expliquer et ce qui se trouve à la droite du « parce que ». La partie gauche, ce qui est à expliquer, est nommée l’explanandum. La partie droite, ce qui explique, est nommée l’explanans.


4. Contre le principe de raison suffisante

J’ai affirmé plus haut que le PRS a perdu de sa splendeur d’antan. Pour quelles raisons ? L’une de ces raisons est une suspicion générale de la part de nombreux philosophes de tradition empiriste, kantienne ou naturaliste à l’encontre des grands principes métaphysiques dont le PRS fait partie. Mais, au-delà de ces doutes généraux à propos de l’entreprise métaphysique, un argument direct proposé par Peter van Inwagen (1983, pp. 202-204) et Jonathan Bennett (1984, p. 115) a convaincu de nombreux philosophes de la fausseté du PRS. Nous faisons la différence entre des faits contingents et des faits nécessaires. Par exemple, le fait que la Bretagne se trouve en France est un fait contingent car il aurait pu en être autrement : la Bretagne aurait pu rester indépendante ou être finalement conquise par les anglais. Par contre, le fait que deux et deux font quatre est un fait nécessaire car il n’aurait pas pu en être autrement. Ceci étant posé, l’argument de van Inwagen et Bennett fonctionne de la manière suivante. La totalité des faits contingents est elle-même contingente (par analogie : si la Révolution française n’avait pas eu lieu, l’histoire de France dans son ensemble en aurait été changée. Mais la Révolution française aurait pu ne pas avoir eu lieu. Donc l’histoire de France dans son ensemble aurait pu être différente). Selon le PRS, la totalité des faits contingents doit avoir une explication. Cette explication ne peut être un fait contingent. Sinon cette explication ferait partie de la totalité des faits contingents et serait, en fin de compte, sa propre explication. Mais, suivant en cela Leibniz, van Inwagen et Bennett présupposent qu’un fait contingent ne peut être sa propre explication. Ainsi l’explication de la totalité des faits contingents doit être un fait nécessaire. Le problème est que la notion d’explication telle que la comprennent van Inwagen et Bennett préserve la nécessité : d’un explanans nécessaire, il ne peut suivre qu’un explanandum nécessaire. Il s’ensuit que la totalité des faits contingents est nécessaire si son explication l’est aussi. Ainsi, l’argument tend à montrer que si tout a une explication, alors le monde est dépourvu de contingence: aussi sûr que deux et deux font quatre, vous ne pouviez échapper à la nécessité qui vous a conduit à lire cet article. Mais le monde n’est pas dépourvu de contingence.

Cette objection au PRS a fait autorité pendant près de vingt ans. Plus maintenant. Cependant, les défenseurs du PRS ne s’accordent pas quant à la manière d’y résister. Della Rocca (2010), par exemple, renverse l’objection de van Inwagen et Bennett pour affirmer que, puisque le PRS est vrai, ce que l’argument montre c’est bel et bien que tout est nécessaire. Mais, en règle générale, les défenseurs contemporains du PRS pensent plutôt que l’objection repose sur des hypothèses fausses soit à propos du concept d’explication (Dasgupta 2014 et Guigon 2015) soit à propos du concept de « totalité des faits contingents » (Levey 2016). Selon les premiers, l’objection repose sur une conception trop grossière de l’explication qui n’est pas suffisamment sensible à la pertinence requise de l’explanans pour l’explanandum. Selon le second, le concept de « totalité des faits contingents » est tout bonnement paradoxal.


5. Pour le principe de raison suffisante

Si l’objection de Bennett et van Inwagen échoue, alors il n’y a pas d’argument direct et définitif à l’encontre du PRS. Mais l’absence de bonne raison pour rejeter un principe n’est pas une raison suffisante pour accepter ce principe. Pourquoi voudrions-nous accepter le PRS ? L’argument le plus populaire aujourd’hui en faveur du PRS part du constat que les réductions par l’inexplicable, qui sont des arguments de la forme suivante, semblent en général être des formes de raisonnement légitimes :

(1) si a était F, alors le fait que a soit F serait inexplicable.

(2) mais être F, pour n’importe quelle chose, n’est jamais inexplicable.

(3) Donc, a n’est pas F.

Michael Della Rocca (2010) met en évidence le fait que les philosophes font souvent appel à des arguments de cette forme. Un exemple historique est rapporté par Leibniz (Correspondance avec Clarke, deuxième écrit de Leibniz, §1) : « Archimède (…) a été obligé d’employer un cas particulier du grand principe de la raison suffisante ; Il prend pour accordé, que s’il y a une balance, où tout soit de même de part et d’autre, et si l’on suspend aussi des poids égaux de part et d’autre aux deux extrémités de cette balance, le tout demeurera en repos. C’est parce qu’il n’y a aucune raison pourquoy un coté descende plustost que l’autre. » On reconnait la structure d’une réduction par l’inexplicable ici : si la balance s’inclinait lorsque des poids équivalents sont ajoutés des deux côtés, alors l’inclination de la balance d’un côté plutôt que de l’autre serait inexplicable. Mais l’inclination d’une balance d’un côté plutôt que de l’autre n’est jamais inexplicable. Donc la balance reste au repos si des poids équivalents sont ajoutés des deux côtés de la balance.

Les expériences de pensée sur l’identité des personnes à travers le temps fournissent aussi des exemples convaincants de réduction par l’inexplicable. Imaginez un cas de téléportation : on vous enferme dans une cabine, un scanner enregistre l’information contenue dans les cellules de votre corps, lequel est détruit par la même occasion, puis cette information est transmise à la vitesse de la lumière sur une autre planète où un duplicateur produit une copie organique parfaite de vous. Les cas de téléportation que nous voyons dans des films de science-fiction donnent l’impression que la téléportation n’est qu’un moyen de transport très rapide. Mais si vous pensez qu’une personne est identique à son corps, alors vous devriez croire que la téléportation est une manière de mourir puisqu’elle détruit votre corps. Comment trancher la question ? Une bonne façon de le faire prend la forme d’une réduction par l’inexplicable. Imaginez que l’information contenue dans vos cellules soit transmise à deux duplicateurs, sur deux planètes différentes, au lieu d’un. À la fin du processus de téléportation il y a donc deux copies organiques parfaites de vous, chacune possédant les souvenirs de votre vie passée. Il n’est pas possible que les deux copies soient vous puisqu’elles se trouvent sur des planètes différentes, sur lesquelles elles ont des expériences conscientes différentes. Mais, comme les deux copies sont aussi parfaites l’une que l’autre, si une seule des deux copies était vous, alors cette différence entre les deux copies, le fait que l’une est vous mais pas l’autre, serait inexplicable. Or un tel fait ne peut être inexplicable ! La conclusion de cette réduction par l’inexplicable est qu’aucune des deux copies n’est vous. En somme, la téléportation vous a bien tué, même si cela n’est peut-être pas important. (Le philosophe Derek Parfit emploie ce type d’expériences de pensée pour montrer que la survie n’est pas la question principale à propos de l’identité personnelle ; voir Parfit 2007).

Pourquoi acceptons-nous généralement que les réductions par l’inexplicable sont des formes légitimes d’argument ? Le PRS semble fournir la meilleure explication de notre confiance en ce genre d’argument : les réductions par l’inexplicable sont des arguments légitimes parce que le PRS est vrai. Selon Della Rocca, rejeter le PRS serait maintenir qu’il existe une division entre des réductions par l’inexplicable légitimes et illégitimes. Mais comment justifier une telle division ? Les philosophes qui rejettent le PRS semblent avancer au pif ou au doigt mouillé. Ce n’est pas une attitude théorique sérieuse. En l’absence d’une théorie de la division entre réductions par l’inexplicable légitimes et illégitimes, le PRS offre la position la plus élégante, la plus systématique et la plus simple : il n’y a pas de telle division puisque tout est explicable ! (Pour une étude plus poussée, voir l’excellent article de Shieva Kleinschmidt (2014) qui offre une théorie de la division entre réductions par l’inexplicable légitimes et illégitimes au moyen de la notion de pouvoir explicatif d’une théorie.)

En conclusion, faut-il accepter le principe de raison suffisante ? S’il faut l’accepter, selon moi, c’est uniquement comme une sorte d’hypothèse de travail pour le chercheur : un principe régulateur de la recherche dont l’intérêt est surtout pragmatique. Croire au mystère, à l’inexplicable, rend intellectuellement paresseux. Accepter le PRS, c’est refuser de se satisfaire du mystère pour chercher et chercher encore l’explication la plus satisfaisante des faits qui constituent l’univers. Comme hypothèse de travail pour le chercheur, le PRS est un vecteur d’émulation intellectuelle, de progrès et de compréhension, un remède à l’apathie mentale[1].


6. Bibliographie

Bennett, Jonathan, A Study of Spinoza’s Ethics, Hackett.
L’ouvrage est une étude critique de l’œuvre principale du philosophe Spinoza, 1984.

Correia, Fabrice et Benjamin Schnieder, Metaphysical Grounding, Cambridge University Press, 2012.
Une collection de contributions originales sur la métaphysique de la fondation par les plus grands spécialistes de la question.

Dasgupta, Shamik, « Metaphysical Rationalism », Noûs, à paraître, doi: 10.1111/nous.12082, 2014.
Une défense d’une forme restreinte du principe de raison suffisante compris comme un principe à propos de la fondation métaphysique.

Della Rocca, Michael, Spinoza, Routledge, 2008. Une excellente introduction à la philosophie de Baruch Spinoza.

——, « PSR », Philosophers’ Imprint, 10 (juillet), 2010.
Une défense du principe de raison suffisante reposant sur l’idée que le PRS offre la meilleure explication de notre acceptation des réductions par l’inexplicable.

——, « Violations of the Principle of Sufficient Reason (in Leibniz and Spinoza) », dans Correia et Schnieder 2012, 139-164.
Une étude des violations au principe de raison suffisante chez Spinoza et Leibniz.

Guigon, Ghislain, « A Universe of Explanations », dans Oxford Studies in Metaphysics 9, édité par Karen Bennett et Dean W. Zimmerman, Oxford University Press, 2015, 345-375.
Une défense du principe de raison suffisante contre un argument qui tend à montrer qu’il suit du principe de raison suffisante qu’il y a un être qui explique tout.

Kleinschmidt, Shieva, « Reasoning Without the Principle of Sufficient Reason », dans The Puzzle of Existence: Why Is There Something Rather Than Nothing?, édité par Tyron Goldschmidt, Routledge, 2013, 64-79.
Une critique de l’argument de l’article « PSR » de Della Rocca dans lequel la philosophe fait appel à la notion de pouvoir explicatif d’une théorie pour expliquer dans quelles circonstances nous avons tendance à accepter ou à rejeter une réduction par l’inexplicable.

Levey, Samuel, « The Paradox of Sufficient Reason », The Philosophical Review, 2016, à paraître.
Dans cet article, l’auteur cherche à montrer que la conclusion de l’argument de Bennett et van Inwagen contre le PRS est que la notion de totalité des faits contingents est proprement paradoxale.

Melamed, Yitzhad et Martin Lin, « Principle of Sufficient Reason », The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Spring 2016 Edition), Edward N. Zalta (ed.), URL = http://plato.stanford.edu/archives/spr2016/entries/sufficient-reason/, 2015.
Une introduction au principe de raison suffisante à travers son histoire dans la philosophie.

Parfit, Derek, « Les esprits divisés et la nature des personnes », dans Textes clés de métaphysique contemporaine : propriétés, mondes possibles, et personnes, E. Garcia et F. Nef (éds.), traduction par Jérôme Dokic, Vrin, 2007, 311-323.
Excellent article de Derek Parfit à propos de l’identité personnelle dans lequel Parfit expose différentes expériences de pensée provocantes pour vous faire douter de la croyance en un moi identique à travers le temps et dont l’identité consisterait en l’unité et la continuité d’un flux de conscience.

Pruss, Alexander R, The Principle of Sufficient Reason: A Reassessment, Cambridge University Press, 2006.
La première monographie récente entièrement consacrée au principe de raison suffisante. Il s’agit principalement d’une défense de ce principe en relation avec les questions de l’existence de Dieu, du libre arbitre et de la physique quantique.

Rodriguez-Pereyra, Gonzalo, Leibniz’s Principle of Identity of Indiscernibles. Oxford University Press, 2014.
Un excellent ouvrage entièrement consacré au principe d’identité des indiscernables dans la philosophie de Leibniz.

Ross, Jacob, « The Principle of Sufficient Reason and the Grand Inexplicable », dans The Puzzle of Existence: Why Is There Something Rather Than Nothing?, édité par Tyron Goldschmidt, Routledge, 2013, 80-94.
Une critique du principe de raison suffisante en relation avec la question “Aurait-il pu ne rien y avoir ?”.

Schaffer, Jonathan, « On What Grounds What », dans Metametaphysics: New Essays on the Foundations of Ontology édité par David Manley, David J. Chalmers & Ryan Wasserman , Oxford University Press, 2009, 347-383. Un article de référence sur le renouveau de la métaphysique de la fondation et le clivage entre conception néo-aristotélicienne et conception quinienne (du philosophe américain W. O. Quine) de la métaphysique.

Schnieder, Benjamin and Alex Steiberg, « Without Reason? » Pacific Philosophical Quarterly, À paraître. doi: 10.1111/papq.21065, 2015.
Une défense du principe de raison suffisante contre l’argument de Bennett et van Inwagen.

Schopenhauer, Arthur, De la quadruple racine du principe de raison suffisante, Vrin, 1997.
Le livre issu de la thèse de doctorat de Schopenhauer sur le principe de raison suffisante.

Van Inwagen, Peter, An Essay on Free Will. Clarendon Press, 1983.
Ouvrage classique du philosophe américain sur le libre arbitre dans lequel l’auteur défend l’incompatibilité du libre-arbitre et du déterminisme ainsi qu’une conception libertarienne du libre-arbitre.

[1] Pour leurs remarques et commentaires sur les versions préliminaires, je remercie Baptiste Le Bihan, un relecteur anonyme pour l’Encyclopédie philosophique, Magali Roques, Gonzalo Rodriguez-Pereyra, Alejandro Perez et les étudiants genevois de Bachelor en philosophie, en particulier ceux d’introduction à la métaphysique d’automne 2015.

Ghislain Guigon
ghislain.guigon@unige.ch
Université de Genève