La philosophie de A à Z

Publié en janvier 2019


Introduction

Imaginez que votre meilleure amie vous demande si vous croyez qu’elle peut gagner un concours de karaoké. D’un côté, vous savez à quel point ce concours est important pour elle. Sa confiance est au plus bas depuis quelque temps, et ce que vous croyez aura une incidence directe sur sa performance et sa santé mentale. Elle détectera facilement si vous ne le croyez pas et cela la dévastera. De l’autre, vous l’avez souvent entendu chanter et vous savez qu’elle chante faux. Vous savez aussi qu’elle a choisi d’interpréter une chanson de Céline Dion, qui est à la fois difficile à interpréter et peu agréable à écouter. Étant donné cela, devriez-vous croire que votre amie a des chances de gagner le concours?

D’un point de vue pratique, cela semble être la chose à faire. Non seulement est-ce nécessaire à la santé mentale de votre amie, mais croire qu’elle a des chances ne fera pas de mal à personne. Néanmoins, il semble demeurer un sens dans lequel vous ne devriez pas croire qu’elle peut gagner. En effet, tout indique qu’elle ne remportera pas le concours. Étant donné ses capacités limitées et le morceau qu’elle compte chanter, ses chances sont pratiquement nulles. La croyance qu’elle peut gagner serait fausse, incohérente et contredite par les faits. Par conséquent, bien qu’il serait pratiquement ou même moralement approprié de croire qu’elle peut gagner, il reste un sens dans lequel vous ne devriez pas le croire, soit un sens ayant trait non pas aux bénéfices pratique ou à la valeur morale, mais bien à des standards dits « épistémiques » comme la vérité, la connaissance et la cohérence. Croire qu’elle peut gagner, autrement dit, contreviendrait à un type particulier de normes, soit à ce que les philosophes appellent des normes épistémiques.

En quoi consistent les normes épistémiques? Qu’est-ce qui les distingue des autres normes? Que demandent-elles de nous? Cette entrée est une introduction aux principales approches contemporaines concernant la nature et le contenu des normes épistémiques.

Il est crucial d’examiner ces questions étant donné l’importance des normes épistémiques dans la vie pratique. Ces normes ne sont pas seulement au centre de problèmes de la vie quotidienne comme dans l’exemple précédent. Elles sont également au cœur d’un grand nombre d’enjeux sociaux, politiques et moraux. Pensons simplement au déni des changements climatiques, au rejet de remèdes médicaux éprouvés comme les vaccins, aux préjugés raciaux, aux théories du complot, à l’acceptation de propagande, au partage de « fake news », au succès des pseudosciences et ainsi de suite. Ces phénomènes aux graves conséquences pratiques ont ceci en commun qu’ils résultent tous de manquements à des standards proprement épistémiques, comme la vérité, la cohérence et la connaissance. Par conséquent, si l’on veut espérer comprendre et appréhender ces enjeux adéquatement, il est essentiel d’élucider les fautes épistémiques desquelles ils découlent.

1. Définitions et distinctions préliminaires

Les normes sont généralement conçues comme des énoncés spécifiant les conditions sous lesquelles il est obligatoire, permis ou bon d’adopter un comportement donné. Les normes épistémiques constituent un type particulier de normes, au même titre que les normes morales, prudentielles, légales et ainsi de suite. Selon l’approche la plus courante dans la littérature philosophique contemporaine, l’adjectif « épistémique » désigne ce qui a trait à la représentation juste ou fidèle de la réalité. Les normes épistémiques sont donc celles qui spécifient des conditions comme la connaissance, la vérité, l’exactitude, la possession de données probantes, la cohérence, la fiabilité et la compréhension.

Les exemples paradigmatiques de normes épistémiques sont celles gouvernant l’état mental de croyance. C’est donc sur cette catégorie de normes épistémiques que cette entrée se concentrera. Par souci de précision, les philosophes contemporains utilisent généralement l’adjectif « doxastique » (du Grec doxa signifiant « croyance » ou « opinion ») pour dénoter les normes épistémiques de la croyance. Les normes doxastiques nous disent quelles attitudes doxastiques il est obligatoire, permis, ou bien d’avoir. Les attitudes doxastiques incluent non seulement la croyance en une proposition P, mais aussi la croyance que P est faux (la croyance que non-P) et la suspension du jugement par rapport à P (l’attitude consistant à rester agnostique par rapport à P; à ne pas se commettre d’un côté ou de l’autre).

Même si nous nous concentrerons sur les normes épistémiques doxastiques, il est important de noter qu’il y a également des normes épistémiques non-doxastiques, c’est-à-dire des normes épistémiques régissant des actes autres que la croyance. Dans la littérature contemporaine, les théoriciens s’intéressent notamment aux normes épistémiques de l’assertion, du raisonnement pratique et du raisonnement théorique. Ils s’intéressent, autrement dit, aux conditions épistémiques sous lesquelles il est approprié d’affirmer quelque chose, de traiter quelque chose comme une raison d’agir et d’inférer quelque chose à partir d’autres croyances.[1]

2. Le contenu des normes épistémiques : quelle norme fondamentale?

Notons d’abord que de nombreuses évaluations épistémiques sont largement acceptées. La plupart des théoriciens admettent, par exemple, qu’il est épistémiquement inapproprié de croire une fausseté uniquement parce que cela nous plaît, de se fier à un témoin dont on sait qu’il n’affirme que des faussetés, de croire le contraire de ce que l’on sait être soutenu par les données probantes, de croire en même temps une chose et son contraire et ainsi de suite. À l’inverse, il est évidemment approprié, du point de vue épistémique, de croire ce que l’on est en position de savoir, de suivre nos données probantes, de s’en remettre à des sources fiables, de se fier à nos sens, d’éviter de se contredire soi-même, etc. Plus concrètement, il est évident que, pour la vaste majorité d’entre nous, il n’est pas permis, épistémiquement parlant, de croire que la Terre est plate, que les vaccins causent l’autisme, que nous n’avons jamais marché sur la Lune, et ainsi de suite. De la même manière, il est évidemment permis de croire, par exemple, que l’on existe, que fumer augmente les risques de cancer, que le Président américain n’est pas un morceau de tofu et que la Terre est ronde.

La véritable controverse se situe à un niveau plus fondamental. Pour la plupart des auteurs, les prescriptions et évaluations figurant dans les exemples précédents ne sont que dérivatives ou secondaires. Évidemment qu’il est épistémiquement inapproprié de s’adonner à la pensée magique et de croire que la Terre est plate. Mais pourquoi? En vertu de quoi devrions nous, épistémiquement parlant, suivre nos données probantes, nous baser sur des sources fiables et ainsi de suite? Pour la plupart des théoriciens, c’est en vertu d’une seule et unique norme épistémique fondamentale. Toutes les normes épistémiques, autrement dit, dérivent ultimement de la norme épistémique fondamentale qui dicte ce que, de manière générale, nous devrions croire. Quelle est, donc, cette norme épistémique fondamentale? La littérature contemporaine est dominée par trois approches principales par rapport à cette question.

2.1 L’approche aléthique

Selon une approche traditionnelle aléthique, la norme épistémique fondamentale est une norme de vérité.[2] Une formulation commune de cette norme est la suivante:

NV Un agent A a la permission de croire une proposition si et seulement si cette proposition est vraie.

Selon NV, il est permis de croire ce qui est vrai et il est interdit de croire ce qui est faux. La vérité est un candidat naturel puisque la plupart des normes secondaires ou dérivatives semblent se justifier ou s’expliquer, ultimement, par l’objectif d’atteindre la vérité et d’éviter l’erreur. Croire des contradictions, se fier à de mauvaises sources et faire fi de nos données probantes, par exemple, nous met à haut risque de croire le faux. À l’inverse, s’en remettre uniquement à des sources fiables, suivre les données probantes et raisonner de façon logique sont d’excellentes méthodes pour croire le vrai et éviter l’erreur.

L’approche aléthique fait toutefois face à plusieurs problèmes. Premièrement, certaines considérations et intuitions suggèrent que croire le vrai n’est pas nécessaire pour être épistémiquement sans reproche. L’une de ces considérations est la célèbre expérience de pensée du « nouveau malin génie », proposée par Stewart Cohen et Keith Lehrer :

Deux agents, A1 et A2, sont mentalement et subjectivement identiques. Ils ont exactement les mêmes croyances, les mêmes expériences subjectives, les mêmes souvenirs, les mêmes capacités cognitives et les mêmes dispositions de raisonnement. Toutefois, alors que A1 vit dans notre monde où il a beaucoup de connaissances, A2 vit dans un univers parallèle où il est systématiquement trompé dans ses expériences sensorielles et ses croyances par un malin génie. Alors que A1 perçoit généralement le monde comme il est vraiment, les mêmes expériences sensorielles chez A2 (indiscernables du point de vue subjectif) sont radicalement erronées.

Selon plusieurs, l’intuition à avoir dans cet exemple est que A2 s’en tire tout aussi bien, du point de vue épistémique, que A1. Après tout, A2 forme les mêmes croyances de la même manière que A1. La seule différence est qu’il a la malchance d’être victime du malin génie, chose qu’il lui est impossible de savoir ou de changer. Notre réaction à cette expérience de pensée suggère que A2 répond tout aussi bien aux normes épistémiques que A1. Si c’est le cas, alors croire le vrai n’est pas nécessaire pour répondre aux normes épistémiques.

L’approche aléthique est également remise en question par une expérience de pensée imaginée par le philosophe Laurence BonJour :

Bien qu’il l’ignore et qu’il n’en ait pas la preuve, Norman est doté d’un pouvoir parfaitement fiable de clairvoyance à propos de certains sujets. Pour cette raison, il se retrouve régulièrement avec des croyances dont il ignore complètement la provenance et les fondements, mais qui sont vraies. Un jour, par exemple, Norman s’est mis à croire que le Président américain se trouvait à New York. Aucun média n’avait fait mention d’une possible visite du Président à New York et personne dans la population New Yorkaise n’a aperçu le Président. Norman était donc le seul New Yorkais à avoir cette croyance. Or, le Président se trouvait effectivement à New York pour une rencontre ultra secrète.

Si l’on en croit l’approche aléthique, la croyance de Norman est épistémiquement permise, puisqu’elle est vraie. Le problème est qu’il y a clairement quelque chose qui cloche, épistémiquement, avec la croyance de Norman. Après tout, bien que le Président se trouve effectivement à New York, Norman n’a aucune bonne raison de le croire. Bien qu’elle soit vraie, sa croyance n’est pas justifiée, rationnelle, ou raisonnable. Cet exemple suggère donc que croire le vrai n’est pas non plus suffisant pour répondre aux normes épistémiques : intuitivement, il apparaît possible de croire le vrai tout en contrevenant aux normes épistémiques.

Finalement, l’approche aléthique semble nous demander, dans certaines circonstances, d’être épistémiquement irrationnels et déraisonnables. Gibbons (2013, 4) illustre ce problème avec l’exemple suivant :

Jean arrive à la maison et, comme à son habitude, dépose ses clés sur la table à dîner avant de monter à l’étage. Au même moment, un voleur s’introduit dans la maison et s’empare des clés sans que Jean puisse s’en rendre compte. Le voleur est entré et ressorti rapidement sans faire le moindre bruit. Naturellement, Jean continue de croire que ses clés se trouvent toujours sur la table.

Si l’on en croit l’approche aléthique, Jean contrevient à la norme épistémique fondamentale. Dès que le voleur s’empare de ses clés, sa croyance devient fausse, et donc épistémiquement inappropriée. Selon la norme de vérité, son devoir épistémique est plutôt d’abandonner sa croyance. Le problème est qu’il semblerait irrationnel et déraisonnable pour Jean de changer sa croyance de la sorte. Il serait bizarre, voire même stupide pour lui d’abandonner soudainement sa croyance alors qu’il ne possède aucune raison de la remettre en doute. Or, il semble peu plausible que la norme épistémique fondamentale puisse non seulement nous permettre, mais aussi nous obliger à être déraisonnables.

2.2 L’approche subjective

Une explication attrayante des exemples précédents est que les normes épistémiques ne spécifient pas de conditions objectives ou externes à la perspective des agents, mais bien des conditions subjectives ou internes. Selon une telle approche subjective, les conditions sous lesquelles A dois croire ou ne pas croire ne peuvent lui être mentalement inaccessibles. Le standard épistémique fondamental n’est pas la vérité, mais bien la rationalité ou la raisonnabilité subjective.[3]

La version la plus commune de l’approche subjective est une version évidentialiste selon laquelle notre devoir épistémique fondamental est de croire en proportion avec nos données probantes ou éléments de preuve (evidence). Notre devoir épistémique fondamental, autrement dit, est de ne jamais croire sans preuves, sans données probantes suffisantes, sans bonnes raisons.[4] La norme épistémique fondamentale serait donc :

NE A a la permission de croire une proposition si et seulement si A possède des données probantes ou des raisons suffisantes de croire cette proposition.

Le principal avantage de cette approche est qu’elle rend justice aux intuitions mentionnées plus haut. En effet, A1 et A2 possèdent les mêmes données probantes, de leur point de vue. De la même manière, Norman et Jean n’ont pas suffisamment de raisons de croire que le Président se trouve à New York et que les clés ont été volées. Il n’est donc pas surprenant, selon l’approche subjective, que nous évaluions négativement la croyance de Norman et positivement la croyance du reste de la population New Yorkaise et de Jean. [5]

Malgré cela, l’approche subjective trouve relativement peu d’adhérents dans la littérature. Le principal problème avec l’approche subjective est qu’elle néglige l’importance épistémique de la vérité. En tant qu’agents épistémiques, nous voulons plus que simplement atteindre la cohérence interne; nous cherchons à représenter le monde tel qu’il est vraiment. Si avoir des croyances contradictoires est un problème, c’est avant tout parce que cela signifie que nous avons au moins une croyance fausse. De la même manière, lorsque nous obtenons des preuves suffisantes que non-P, nous abandonnons la croyance que P. Pourquoi? Parce que nous avons la preuve que P est faux et donc que nous étions dans l’erreur. S’il faut suivre ses données probantes et être cohérent, cela semble être avant tout parce qu’il s’agit là de notre meilleur moyen, en tant qu’êtres faillibles et limités, d’atteindre la vérité et d’éviter l’erreur.

Lorsqu’une croyance est fausse, autrement dit, elle a au moins quelque chose d’épistémiquement défaillant. À l’inverse, lorsqu’une croyance est vraie, elle a au moins quelque chose d’épistémiquement approprié. Dans le cas du nouveau malin génie, même si A2 est aussi rationnel que A1, il reste préférable, épistémiquement parlant, d’être dans la situation de A1. Cela est toutefois difficile à expliquer si, comme le suggère l’approche subjective, il n’est pas nécessaire d’atteindre la vérité pour se conformer à la norme épistémique fondamentale.

2.3 L’approche de la connaissance

L’autre alternative principale à l’approche aléthique est une approche voyant la norme épistémique fondamentale comme une norme de connaissance de la forme suivante :

NS A a la permission de croire une proposition si et seulement si A connaît cette proposition.[6]

Il est interdit, autrement dit, de croire sans savoir. Lorsqu’il m’est impossible de savoir si quelque chose est vrai ou faux, la chose à faire est de suspendre mon jugement ou de ne pas former d’attitude doxastique par rapport à cette question. Par ailleurs, puisque la connaissance implique la vérité (on ne peut savoir ce qui est faux), il n’est jamais permis de croire le faux.

Cette troisième approche se situe à mi-chemin entre les approches aléthique et subjective. Alors que la première voit la vérité comme une condition nécessaire et suffisante à la permission épistémique, l’approche subjective la voit comme n’étant ni nécessaire, ni suffisante. L’approche de la connaissance s’oppose à ces deux approches en voyant la vérité comme une condition nécessaire, mais insuffisante à la permission épistémique.

Cela s’explique par le fait que la vérité est une condition nécessaire, mais insuffisante à la connaissance. Toutes les connaissances sont vraies, mais toutes les croyances vraies ne sont pas des connaissances. Pour être une connaissance, une croyance vraie doit aussi être justifiée ou rationnelle et avoir une connexion suffisamment stable ou solide avec la vérité.[7]

Le principal avantage d’une norme comme NS est qu’elle rend compte à la fois de la défaillance de certaines croyances vraies (chose difficile pour l’approche aléthique) et de l’importance épistémique de la vérité (chose difficile pour l’approche subjective). L’approche de la connaissance semble en mesure de résoudre cette tension, car la connaissance est le standard épistémique le plus général. La condition de connaissance englobe et implique, en quelque sorte, les autres conditions mentionnées jusqu’ici. D’une part, si je crois que P faussement, irrationnellement, sans données probantes suffisantes et de façon incohérente, alors je ne sais pas que P. D’autre part, croire le vrai, être rationnel et suivre ses données probantes, c’est faire ce que l’on peut pour atteindre la connaissance.[8]

Toutefois, le principal problème avec l’approche de la connaissance est qu’elle est vulnérable à certains des arguments qui favorisent l’approche subjective. NS exige notamment que nous suspendions notre jugement dans des situations où, intuitivement, cela semble déraisonnable et où il semble plutôt rationnel de continuer à croire. NS demande par exemple à A1 et à Jean de suspendre leur jugement. Or, comme nous l’avons vu plus haut, il serait épistémiquement irrationnel, pour ces agents, d’abandonner ainsi leur croyance sans trop savoir pourquoi.

3. Conclusion

Les normes épistémiques doxastiques spécifient les conditions épistémiques (ayant trait à la représentation fidèle de la réalité) sous lesquelles il est obligatoire, permis ou bon de croire. L’un des principaux débats concernant ces normes oppose ceux qui fondent ces conditions sur la notion de vérité, de rationalité subjective et de connaissance.

Il ne s’agit toutefois là que d’une brève entrée en matière qui ne fait qu’effleurer les différentes approches et questions que soulèvent les normes épistémiques. D’une part, il existe certaines approches qui ne cadrent dans aucune des trois théories présentées plus haut. Certains voient, par exemple, la manifestation de vertus intellectuelles (p.ex. Linda Zagzebski) ou encore la compréhension (p.ex. Jonathan Kvanvig) comme la condition épistémique fondamentale. D’autres défendent plutôt une approche pluraliste, selon laquelle il n’existe pas qu’une seule norme épistémiques fondamentale, mais bien une pluralité de standards fondamentaux irréductibles (voir notamment les travaux de William P. Alston). D’autre part, la notion de norme épistémique soulève une multitude d’autres questions. Y a-t-il des faits objectifs par rapport à ces normes ou s’agit-il plutôt de fictions ou de conventions? Ces normes ont-elles leur place au sein d’une ontologie naturaliste? La psychologie et les sciences cognitives peuvent-elles nous aider à les élucider? Si oui, que nous disent-elles à leur propos? Quelle est la relation des normes épistémiques avec les autres normes comme les normes morales? Peuvent-elles entrer en conflit? Si oui, lesquelles doit-on suivre en priorité?


Bibliographie

Benton, Matthew A. (2014). Knowledge Norms. Internet Encyclopedia of Philosophy.

Survol détaillé de travaux récents sur l’approche de la connaissance. Couvre les normes épistémiques doxastiques et non-doxastiques.

Engel, Pascal (2010). Epistemic norms. Dans The routledge companion to epistemology (pp. 73-83). Routledge.

Survol de plusieurs questions, thèses et approches concernant les normes épistémiques. Bon complément à la présente entrée.

Fassio, Davide (2015). Belief, Aim of. Internet Encyclopedia of Philosophy.

Entrée encyclopédique sur la « visée » de la croyance. Consacré en bonne partie aux normes épistémiques doxastiques.

Feldman, Richard (2002). Epistemological duties. Dans P. Moser (Ed.), The Oxford handbook of epistemology. Oxford: Oxford University Press.

Article accessible sur la notion de devoirs épistémiques. Défense de l’approche subjective.

Gibbons, John (2013). The Norm of Belief. Oxford University Press.

Ouvrage récent au sujet des trois approches présentées dans cette entrée. Offre une introduction claire du débat, ainsi qu’une défense éloquente de l’approche subjective.

Goldberg, Sanford C. (2015). Recent Work on Assertion. American Philosophical Quarterly 52 (4):365-380.

Introduction détaillée et complète aux débats récents concernant la norme épistémique de l’assertion. Rédigé par l’un des principaux participants à ce débat.

Ichikawa, Jonathan Jenkins, & Steup, Matthias. (2001). The analysis of knowledge. Stanford Encyclopedia of Philosophy

Entrée encyclopédique offrant un survol exhaustif des principales questions et théories sur la nature de la connaissance.

Littlejohn, Clayton & Turri, John (eds.) (2014). Epistemic Norms: New Essays on Action, Belief, and Assertion. Oxford University Press.

Volume regroupant plusieurs textes importants à propos des normes épistémiques doxastiques et non-doxastiques. Le premier chapitre offre une introduction utile à plusieurs débats concernant les normes épistémiques.

Meylan, Anne (2015). Qu’est-ce que la justification? Vrin.

Ouvrage introductif en français sur la notion de justification épistémique. Touche à plusieurs questions discutées dans cette entrée.

Mittag, Daniel M. (2004). Evidentialism. Internet Encyclopedia of Philosophy.

Présentation accessible de la théorie évidentialiste en épistémologie, surtout celle défendue par Conee & Feldman.

Nagel, Jennifer (2014). Knowledge: A Very Short Introduction. Oxford University Press.

Introduction courte et accessible à la théorie de la connaissance.

Pollock, John. L., & Cruz, Joseph. (1999). Contemporary theories of knowledge. Rowman & Littlefield.

L’un des rares livres d’introduction à l’épistémologie consacrant un chapitre complet aux normes épistémiques. Défend une approche subjective.

  1. Pour plus d’information sur les normes épistémiques en général, voir notamment Pollock & Cruz (1999), Engel (2010), Littlejohn & Turri (2014) et Fassio (2015). Pour plus d’information sur les normes épistémiques non-doxastiques en particulier, voir notamment Littlejohn & Turri (2014), Benton (2014) et Goldberg (2015)
  2. Voir Engel (2010), Littlejohn & Turri (2014) et Fassio (2015) pour plus d’information.
  3. Voir notamment Feldman (2002), Pollock & Cruz (1999) et Gibbons (2013).
  4. Voir notamment Feldman (2002) et Mittag (2004).
  5. Pour d’autres arguments pour l’approche subjective, voir Pollock & Cruz (1999).
  6. Pour plus d’information sur l’approche de la connaissance, voir Gibbons (2013), Benton (2014), Littlejohn & Turri (2014) et Fassio (2015) pour plus d’information.
  7. Pour un survol des débats au sujet des notions de connaissance et de justification épistémique, voir les entrées Connaissance et Justification épistémique. Voir également Nagel (2014), Meylan (2015) et Ichikawa & Steup (2017).
  8. Ce type d’argument a notamment été défendu par Timothy Williamson (le fondateur et principal représentant de l’approche de la connaissance) lors de sa conférence « Whitehead » en 2017, disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=Bw2xiKE42A0.

 

Charles Côté-Bouchard
Université de Montréal
charles.cote79@gmail.com


Comment citer cet article?

Côté-Bouchard, C. (2019), « Normes épistémiques », version Grand Public, dans M. Kristanek (dir.), l‘Encyclopédie philosophique, URL: http://encyclo-philo.fr/normes-epistemiques-gp/