La philosophie de A à Z

Résumé

Donald Davidson est un philosophe américain du XXème siècle principalement connu pour ses travaux en philosophie de l’action et en philosophie du langage.
Après une brève carrière – riche d’enseignements – en psychologie expérimentale à Stanford, au cours des années 1950, où Davidson a notamment participé aux premières expérimentations de la théorie de la décision en univers risqué, il oriente ses recherches en théorie de l’action dans un contexte intellectuel marqué par l’influence des wittgensteiniens rejetant l’idée que les raisons de l’action en sont les causes. A partir des années 1970, sous l’influence de Willard Van Quine notamment, Davidson publie nombre d’articles en philosophie du langage afin de souligner notamment la forte imbrication des contenus mentaux à l’œuvre dans l’explication de l’action mais aussi l’importance centrale de l’interprétation du langage pour accéder à ces contenus et les comprendre. Au cours des années 1980, Davidson propose notamment de réunir ses recherches dans le cadre d’une théorie unifiée de la pensée, de la signification et de l’action où le holisme du mental tient une place centrale.

1. Réflexions davidsoniennes

Pour donner un aperçu de l’œuvre de Davidson, prenons un exemple de la vie quotidienne et voyons comment mettre en relief certains traits centraux de sa pensée.

« Je participe à un colloque en province au plus chaud de l’été. Les locaux sont anciens et l’air peine à circuler dans la pièce si bien que les organisateurs se décident à ouvrir les fenêtres afin de contenter l’audience, au risque d’être dérangé par les bruits de la rue attenante. Soudain, l’un des participants se lève, enfile sa veste qu’il avait pris soin de retirer au début de la séance, s’approche de la fenêtre principale et diminue drastiquement l’entrebâillement, ne laissant passer qu’un filet d’air à peine palpable. Tout le monde regarde la scène l’air hagard, sans vraiment comprendre les motivations d’une telle action ».

En suivant le raisonnement proposé par Davidson notamment dans l’article « Actions, raisons et causes » (1963), nous pourrions dire d’abord que l’action du participant visant à fermer la fenêtre s’explique, d’une part, par le désir de ne plus subir les bruits de la rue, ou encore de ne pas s’enrhumer du fait du filet d’air frais provenant de l’extérieur et, d’autre part, par la croyance qu’en fermant la fenêtre, il réalisera ce désir. L’écueil qu’il convient d’éviter toutefois est celui auquel la théorie de la décision telle qu’elle s’est développée au cours des années 1950, fait face. Selon cette approche, dite behavioriste, il conviendrait d’observer les choix pour en déduire les désirs et les croyances sans s’intéresser à la manière dont ceux-ci sont exprimés verbalement. Or, négliger le langage utilisé par le sujet qui agit, c’est omettre tout un pan de l’explication de l’action mais aussi un grand nombre de données mentales qui nous aiderait à la comprendre. Cette idée, Davidson la tire de son expérience de psychologue expérimental à Stanford au cours des années 1950; expérience qu’il évoque à maintes reprises et qui semble avoir grandement influencé son parcours.

Ainsi, pour expliquer et comprendre cette action visant à refermer la fenêtre, il faudrait interroger la personne concernée afin d’améliorer significativement notre analyse de son comportement et d’obtenir le fin mot de l’histoire. Car comme on peut s’y attendre, toutes les hypothèses quant aux contenus mentaux de l’universitaire trouble-fête ne peuvent être validées qu’après être testées et éprouvées auprès du principal intéressé. Comment savoir en effet s’il s’agit pour elle ou lui de mettre fin au bruit de la rue ou d’éviter d’attraper un rhume? L’interprétation attentive des phrases de son langage qu’il utilise pour expliquer son action ne suffit pourtant pas. Il nous faut déployer et construire une interprétation de son langage en considérant le mental comme un tout, dont chaque partie est largement connectée aux autres. Car même si nous partageons avec lui son usage du français dans notre exemple, il est nécessaire d’accéder à ses croyances et à leur imbrication avec les significations qu’il accorde aux mots de son langage.

Ce que l’on voit apparaître sous forme d’esquisse ici est, d’une part, la connexion logique qui existe entre un désir et une croyance pour expliquer rationnellement l’action (« rationnellement » car nous ne pourrions faire cas d’un individu massivement irrationnel et insaisissable). L’attribution d’attitudes propositionnelles comme des désirs et des croyances s’applique à des individus considérés comme rationnels et cohérents, du moins dans l’ensemble. L’autre connexion frappante, d’autre part, est celle qui existe entre les croyances et les significations. Comprendre autrui, c’est comprendre ses représentations, c’est appréhender le mental comme un tout complexe en perpétuel interaction avec l’environnement. Au fond, l’effort que nous devons faire pour comprendre autrui est le même que les autres doivent faire pour nous comprendre nous car ce que nous partageons est bien plus large, riche et profond que ce qui nous sépare.

Sur cette base, on comprend plus aisément la tentative de Davidson d’unir les contenus de la théorie de l’action et de la philosophie du langage pour comprendre et interpréter autrui. Voyons à présent plus en détails les ramifications de ce projet.

2. Des premières recherches en théorie de la décision à la théorie de l’action

Plusieurs enjeux philosophiques majeurs apparaissent dans l’exemple proposé plus haut. Le premier, peut-être le plus immédiat, a trait à l’attribution d’attitudes comme des désirs et des croyances à des sujets agissant. Si ce type d’attribution n’est pas nouveau et remonte au moins aux travaux de David Hume au XVIIIème siècle, la contribution de Davidson occupe une place singulière dans l’histoire de la philosophie. D’abord, en raison de l’influence qu’a exercé sur lui la théorie de la décision telle qu’elle s’est développée au cours des années 1950 et dont il fût l’un des acteurs majeurs. A cette époque en effet, Davidson participe aux premières expérimentations de la théorie de la décision à Stanford. Le modèle dominant de cette période est celui de la théorie de l’utilité espérée qui prétend décrire et prédire le comportement de choix des individus en univers risqué et ce, à partir d’une axiomatique fondée sur des utilités et des probabilités numériques. Ce modèle, imprégné de l’idéal scientifique du Cercle de Vienne, s’est construit sur certaines hypothèses théoriques fortes au sujet des attributions d’attitudes propositionnelles telles que les désirs. On retrouve par exemple dans l’ouvrage fondateur de Von Neumann et Morgenstern une conception de l’utilité assimilée à la mesure d’une entité physique comme la chaleur, permettant ainsi une mesure numérique significative. Non seulement Davidson a participé à une avancée majeure de l’axiomatique de la théorie de la décision moderne, mais il aussi contribué au développement des procédures de test de cette théorie via des expérimentations. Ses travaux s’inscrivent donc à la fois dans le cadre théorique de la théorie de l’utilité espérée mais aussi dans le cadre de la psychologie expérimentale. Tout l’enjeu de la psychologie expérimentale revient à éprouver cette via des expérimentations auprès de sujets afin de tester les résultats théoriques et les confronter au réel.

Malgré l’originalité de l’axiomatique proposée et la rigueur des expériences menées par Davidson et son équipe à Stanford, les premiers résultats expérimentaux sont décevants: les sujets testés ne font pas de choix tels que la théorie le prédit. Dans certains cas, un effet d’apprentissage est observé: au fur et à mesure des séances de test, certains sujets devenaient de plus en plus rationnels et faisaient des choix leur permettant d’accéder aux récompenses monétaires les plus intéressantes. Autre résultat inattendu: le fait même de faire des choix avait une incidence sur les choix ultérieurs. Gagner ou perdre plusieurs fois de suite par session rendait, par exemple, les sujets optimistes ou pessimistes. Ces distorsions, même si elles sont amoindries et minimisées par l’équipe de Davidson, posent le problème de la capacité pour la théorie de la décision à être une science comme les sciences de la nature c’est-à-dire une science non seulement dotée de principes fermes et bien établis mais aussi en mesure de formuler des prédictions aisément vérifiées par des tests empiriques. Les expériences de Stanford mettent en évidence des résultats inattendus, des difficultés expérimentales ayant trait aux procédures de test elles-mêmes et plus généralement une perte significative de la précision de la mesure des différentes données mentales par rapport aux résultats théoriques escomptés.

Face à ces défaillances, le scepticisme de Davidson quant à la possibilité d’une explication scientifique va grandissant et le pousse à mettre un terme à sa carrière de psychologue expérimental. Ce n’est pas pour autant que Davidson rejette massivement la théorie de la décision, comme nous le verrons dans la quatrième section. Il en garde au moins deux éléments: le premier est relatif à l’attribution des attitudes que sont les désirs et les croyances sur fond de normes de rationalité, le second a trait à la méthodologie employée pour accéder à ces contenus. Sans entrer dans le détail, indiquons simplement que l’astuce utilisée par Davidson (issue des travaux de Frank Ramsey) consiste à maintenir fixées les croyances pour déterminer les désirs. Ces deux éléments serviront de socle aux travaux ultérieurs de l’auteur.

Ainsi, comme nous le voyons, l’un des autres problèmes philosophiques majeurs soulevés par la position de Davidson a trait à la scientificité de la psychologie. Outre les arguments déjà évoqués, d’autres obstacles se dressent à cette assimilation de la psychologie à une science: le holisme du mental qui implique la prise en compte d’une quantité exponentielle de données afin d’affiner la « mesure » du mental mais aussi ce que Davidson nomme « l’externalisme » c’est à dire l’ensemble des facteurs externes qui viennent d’une manière ou d’une autre influencer l’interprétation d’autrui, comme l’environnement dans lequel évolue l’individu à interpréter par exemple.

Plus généralement, retenons l’idée que Davidson n’a pas suivi la voie conduisant certains théoriciens de la décision à faire de leur discipline une branche à part entière de la psychologie (comme Amos Tversky par exemple) dans laquelle des heuristiques et des hypothèses ad hoc permettent à fois d’expliquer les déviances par rapport au modèle idéalisé des fondateurs (Von Neumann et Morgenstern notamment) mais aussi le comportement de choix dans son ensemble. De la même manière, Davidson ne s’est pas converti aux idées des wittgensteiniens lorsqu’il propose une théorie causale de l’action dans son célèbre article « Actions, raisons et causes » en 1963.

En effet, Davidson s’oriente à partir des années 1960 vers la philosophie de l’action. Dans l’article « Actions, raisons et causes », il présente une théorie de l’action fondée sur une explication causale par les raisons. Là où la théorie de la décision s’intéressait aux choix d’un individu entre plusieurs actions possibles, la théorie de l’action se focalise sur la description et l’explication d’une action singulière.

Ces raisons sont décrites schématiquement par un couple désir-croyance qui rationalise l’action. Ainsi, par exemple, si je décide de sortir de chez moi à 13h40, c’est parce que je désire prendre le train de 14h pour me rendre à l’endroit de mon choix et que je crois que je ne mettrai pas plus de vingt minutes pour rejoindre la gare. Décrire et expliquer l’action de quelqu’un consiste à mobiliser principalement un désir et une croyance qui forme la raison de l’action. Or, cette raison cause rationnellement mon action car mon désir et ma croyance sont liés logiquement et forment un tout cohérent qui mène à l’action. Cela ne veut pas pour autant dire, selon l’auteur, que la cause implique l’idée d’une loi empirique comme le soutenaient les wittgensteiniens. Pour Davidson, il ne saurait exister de lois strictes du comportement, notamment pour les raisons évoquées plus haut.

L’enjeu d’une mesure du mental n’est pas la scientificité de ses résultats ou de ses énoncés mais bien plutôt sa capacité à se faire le reflet du holisme du mental et sa capacité à prendre en compte le langage comme vecteur de la pensée.

3. Théorie du langage

Selon Davidson, décrire et expliquer une action ne doit pas être pensé distinctement d’une compréhension du langage. Or, c’est précisément ce qu’il manque à la théorie de la décision du fait de son positionnement behavioriste qui n’intègre pas l’analyse des significations. Pourtant, comprendre les désirs et les croyances d’un individu passe par une compréhension des significations qu’il accorde aux mots et phrases de son langage. C’est cette idée que Davidson défend à partir de la fin des années 1960 et tout au long des années 1970. La pensée s’exprime généralement par le discours: nous découvrons généralement ce que quelqu’un veut, préfère ou croit, seulement en interprétant ces propos. Pour comprendre ce discours, Davidson propose une théorie de l’interprétation du langage. Toutefois, il ne s’agit pas de supposer que les significations sont données à l’avance comme dans le cas de la théorie de la décision. Il convient, selon le philosophe, de se mettre en situation d’interprétation radicale, c’est-à-dire de ne présupposer aucun élément à expliquer. Dans le cas du langage, les phrases ne sont pas comprises à l’avance. Mais si nous ne pouvons faire usage du concept de signification pour comprendre et interpréter autrui, nous avons besoin d’un point de départ plus primitif et neutre par rapport aux notions à déterminer, la vérité: « une théorie de la vérité apporte une réponse précise, profonde et testable à la question de savoir comment des ressources finies suffisent à expliquer les capacités sémantiques infinies du langage » comme le souligne l’auteur dans son essai « Vérité et Signification » (1974). Pour l’interprète, il convient par exemple d’observer les conditions dans lesquelles les phrases du locuteur sont vraies. Si le locuteur énonce une phrase du type « Il pleut aujourd’hui à Bordeaux », l’interprète doit être en mesure de vérifier à quoi correspond cette assertion et dans quelles conditions elle est vraie. C’est sur cette base que l’interprète attribue des significations aux mots du locuteur. Même si l’interprétation est radicale, le locuteur et l’interprète sont tout deux dans une interaction incessante avec le monde extérieur. Il n’y a donc pas de raison de supposer que le rôle que peut jouer une croyance dans l’esprit du locuteur est différent de celui que joue cette croyance dans l’esprit de l’interprète. A titre d’exemple, la croyance que le soleil provoque des marques rouges sur la peau en cas d’exposition prolongée ne saurait être différente dans l’esprit du locuteur que dans celui de l’interprète. D’ailleurs, une croyance n’est jamais entretenue seule. Dans le cas de l’individu qui décide de rejoindre la gare à 14h, il doit croire à la fois qu’il mettra vingt minutes pour rejoindre la gare mais aussi que le train ne sera pas en avance, que la vitesse de ses pas sera adéquate pour rejoindre sa destination dans les temps, que la route qu’il emprunte pour y parvenir existe et existera encore le moment venu etc.

Pour Davidson, l’interprétation est soumise à des normes de cohérence et de rationalité permettant d’assurer l’accord entre le locuteur et l’interprète. Le principe de charité qu’il évoque à de multiples reprises nous enjoint d’accorder au moins autant de rationalité que nous nous en accordons à nous mêmes, et de maximiser l’accord. Ce principe n’est pas un choix théorique mais une nécessité méthodologique. Tout comme nous ne pouvons attribuer des désirs et des croyances à autrui sans supposer qu’il est rationnel, du moins autant que moi-même, il n’est pas possible de lui attribuer des significations sans supposer que nous partageons un grand nombre de croyances et qu’elles sont cohérentes les unes avec les autres.

Mais Davidson va plus loin. Une théorie du mental qui rend compte du holisme des attitudes comme des désirs, des croyances et des significations doit s’attacher à décrire et expliquer leur imbrication, leur connexion logique. C’est avec cette idée en tête que Davidson propose au cours des années 1980, une théorie qu’il qualifie d’ « unifiée » visant à représenter cette imbrication dans un seul et même modèle.

4. Vers une théorie unifiée des désirs, des croyances et des significations

Le point de départ du raisonnement de Davidson consiste à mettre en parallèle le problème de l’interprétation du langage et celui de la théorie de la décision: « Pour interpréter le comportement verbal, nous devons être capables de dire quand un locuteur tient une phrase qu’il énonce pour vraie. Mais on tient des phrases pour vraies en partie en raison de ce que l’on croit, et en partie en raison de ce que l’on veut dire en énonçant des mots. Le problème de l’interprétation est donc celui de savoir comment nous pouvons séparer simultanément les rôles de la croyance et de la signification de la structure des phrases auxquelles un locuteur souscrit au cours d’une certaine période. La situation est semblable à celle de la théorie de la décision : tout comme nous ne pouvons inférer les croyances des choix sans aussi inférer les désirs, nous ne pouvons pas établir ce que quelqu’un veut dire par ce qu’il dit sans en même temps construire une théorie de ce qu’il croit » (Davidson [1974, 1993a], p. 318).

Au delà de la similitude des problèmes, Davidson met en évidence leur corrélation. La théorie de la décision et la théorie de l’interprétation du langage sont faites l’une pour l’autre. Non seulement leurs contenus sont immédiatement imbriqués dans l’esprit d’autrui et dans le nôtre mais de surcroît, elles sont vouées à se combiner. Du côté de la théorie de la décision, l’absence d’une théorie de l’interprétation du langage fausse la compréhension des choix des individus. Du côté de l’interprétation du langage, le besoin d’une méthode précise d’attribution des croyances comme celle que propose la théorie de la décision est un atout majeur pour accéder aux significations.

En unifiant les contenus de la théorie de la décision et de l’interprétation du langage, l’auteur propose, au cours des années 1980-1990, une représentation du mental à la fois holiste et cohérente qui dépasse les défaillances des recherches de Stanford évoquées plus haut.

Cet aperçu rapide des différents axes de recherche permet de mettre en évidence à la fois la diversité des problématiques explorées par Davidson ainsi que leur forte imbrication.

Pour saisir la logique d’ensemble de l’auteur, il convient d’appréhender son approche dans sa globalité en gardant toujours à l’esprit la connexion centrale que Davidson établir entre la pensée, la signification et l’action.

Bibliographie

Davidson D., Actions et Evénements (tr.fr. Pascal Engel), Paris, Presses Universitaires de France, Paris [1993a] (Essays on Actions and Events, Oxford, Oxford University press, [1980]).

Ouvrage regroupant les articles de Davidson en philosophie de l ‘action.

Davidson D., Enquêtes sur la vérité et l’inteprétation (tr.fr. Pascal Engel), Nîmes, éditions Jacqueline Chambon [1993b] (Inquiries into truth and interpretation, Oxford, Oxford University press, [1984]).

Ouvrage regroupant les articles de Davidson en philosophie du langage.

Engel, P., Davidson et la philosophie du langage, L’interrogation Philosophique, Paris, Presses Universitaires de France, [1994].

Dans cet ouvrage, Pascal Engel analyse dans le détail les fondements de la philosophie du langage de Davidson.

Engel, P. (sous la direction de), Lire Davidson, Paris, Editions de l’Eclat, Combas, [1994b].

Les différentes contributions de cet ouvrage offre une mise en perspective des travaux de Davidson autour de différents thèmes: le holisme, la rationalité etc. A noter dans cet ouvrage, l’une des contributions les plus passionnantes de Davidson lui-même concernant la mesure du mental.

Pôl-Vincent Harnay
Université Paris Panthéon-Sorbonne
pvharnay@gmail.com