La philosophie de A à Z

Résumé

Nous cherchons à acquérir, semble-t-il, des certitudes pour pouvoir penser et agir. Une grande partie de nos activités intellectuelles est ainsi consacrée à former, puis à renforcer des opinions. Lorsque, par exemple, un médecin fait passer à son patient un ensemble d’examens, c’est parce qu’il cherche à déterminer avec certitude son état de santé. De la même manière, lorsqu’un inspecteur de police collecte des preuves dans le cadre d’une enquête, c’est parce qu’il cherche à déterminer avec certitude qui est le coupable du crime sur lequel il enquête. Mais est-il seulement possible d’être réellement certain de quoi que ce soit ? Et si nous pouvons avoir des certitudes, sont-elles raisonnables ? Certes, bien souvent, nous pensons ou agissons comme si nous étions certains. Un médecin, après un certain nombre de tests, peut rassurer son patient en lui annonçant qu’il est en parfaite santé, mais, en faisant une telle annonce à son patient, ce médecin est-il absolument certain qu’il est bel et bien en bonne santé ? En outre, ni nous, ni les tests que nous réalisons grâce aux différents instruments de mesure que nous utilisons ne sont infaillibles. Qu’est-ce qui peut alors justifier nos certitudes, si nous en avons réellement ? Cet article considère les principales conceptions de la certitude et s’interroge sur la possibilité d’une certitude rationnelle.

1. Certitude psychologique et épistémique

On peut distinguer au moins deux notions de certitude. La certitude subjective ou psychologique est une opinion ferme concernant la vérité d’une proposition. Une proposition est simplement ce qui est exprimé par un énoncé qui peut être vrai ou faux, tel que « Berlin est la capitale de la République Fédérale d’Allemagne ». Je peux ainsi avoir une attitude de certitude vis-à-vis de cette proposition, c’est-à-dire, être subjectivement certain que cette proposition est vraie. Cette attitude psychologique s’oppose au doute. Si Jean, un médecin qui a fait passer un certain nombre de tests à son patient, n’est pas certain que son patient soit atteint d’une pneumonie, alors Jean conserve une réserve à l’égard de la vérité de la proposition « mon patient est atteint d’une pneumonie ». En revanche, si Jean en est certain, cela implique qu’il n’entretient pas de doute concernant la vérité de cette proposition.

Il est plausible que la certitude psychologique se manifeste dans les choix du sujet qui adopte cette attitude. Si Jean, suite aux examens qu’il a fait passer à son patient, acquiert la certitude que son patient est atteint d’une pneumonie, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’il soit disposé à agir sur la base de la vérité de la proposition « mon patient est atteint d’une pneumonie » lorsqu’il devra décider quel médicament lui prescrire, sans prendre en compte la possibilité que son patient ne soit pas atteint d’une pneumonie.

Alors que la certitude psychologique est une notion décrivant une attitude psychologique particulière se caractérisant par une absence de doute pour une proposition, la certitude épistémique est une notion normative. Autrement dit, la notion de certitude épistémique permet de décrire les cas où il peut être raisonnable ou rationnel, pour un sujet donné, d’être psychologiquement certain de quelque chose parce que cette chose est épistémiquement certaine. Une proposition peut être épistémiquement certaine, sans qu’aucun sujet n’en soit certain, et inversement, un sujet particulier, comme Jean, peut-être psychologiquement certain d’une proposition sans qu’elle soit épistémiquement certaine. On dira dans ce cas que la certitude psychologique de Jean par rapport à cette proposition n’est pas rationnelle.

La certitude épistémique est une propriété d’une proposition dont un sujet, comme Jean, aurait le droit d’être psychologiquement certain. Cela dépend en particulier des données dont Jean dispose, ou dont il pourrait facilement disposer. Une proposition peut donc être épistémiquement certaine relativement à Jean – si Jean a, ou devrait avoir, une preuve suffisante qu’elle est vraie – mais épistémiquement incertaine pour Marie – si Marie n’a ou ne peut avoir aucune preuve suffisante qu’elle est vraie. Les notions d’incertitude et certitude épistémique renvoient donc aux raisons qu’un sujet possède de douter de, ou de croire à, la vérité d’une proposition. Si un sujet tel que Jean n’a pas de raison de douter de la vérité de la proposition « mon patient est atteint d’une pneumonie », alors cette proposition est épistémiquement certaine relativement à lui, et l’attitude psychologique de Jean par rapport à cette proposition, à supposer qu’il en soit certain, est rationnelle.

2. Maximalisme et infaillibilisme

Selon une approche de la certitude que l’on peut appeler « maximaliste », la certitude psychologique consiste à avoir le degré de conviction le plus haut possible pour une proposition, et la certitude épistémique est le plus haut degré de crédibilité possible que peut avoir une proposition.

Avoir le plus haut degré de conviction possible pour une proposition semble impliquer d’exclure complètement la possibilité qu’elle soit fausse. Or, si être psychologiquement certain qu’une proposition est vraie consiste dans le fait d’exclure toute possibilité qu’elle soit fausse, il semble que nous ne soyons en réalité pas certains de beaucoup de choses. En effet, même dans le cas de propositions pour lesquelles notre degré de conviction est élevé, comme la proposition « j’ai deux mains », il ne semble pas que nous excluons complètement la possibilité qu’elles soient fausses. Par exemple, si l’on vous propose de parier votre propre vie sur le fait que vous avez deux mains, il est probable que vous allez hésiter, voire même refuser un tel pari, car bien que votre degré de conviction pour la proposition « j’ai deux mains » soit élevé, la possibilité qu’elle soit fausse n’est pour vous pas complètement exclue. Vous pourriez être en train d’halluciner le fait que vous avez deux mains.

De la même manière, si être épistémiquement certain pour une proposition requiert que cette proposition ait le plus haut degré de crédibilité possible, alors il semble que peu de propositions sont certaines. Il semble par exemple que la proposition « j’ai deux mains », ainsi que la plupart des propositions concernant le monde extérieur, sont moins crédibles que la proposition « j’existe ».

Ainsi, René Descartes, dans ses Méditations Métaphysiques, cherche à identifier les propositions desquelles il ne peut raisonnablement pas douter, autrement dit celles qui ont le plus haut degré de crédibilité possible et, à cette fin, applique la méthode du doute systématique à l’ensemble des propositions qu’il tient pour vraies. Durant son enquête, il montre que même des propositions telles que « j’ai deux mains » ne sont pas à l’abri du doute. Les expériences sensorielles, entre autres choses, qui rendent cette proposition crédible, restent compatibles avec l’hypothèse qu’en réalité nous n’avons pas de mains – même pas de corps du tout – et que nos expériences ne résultent que de l’action d’un malin génie cherchant à nous tromper. Descartes parvient pourtant à la conclusion qu’il ne peut pas raisonnablement douter de sa propre existence car le simple fait de douter de quelque chose suppose le fait d’exister.

La portée de la réflexion de Descartes est générale. La plupart de nos opinions ne sont pas infaillibles, c’est-à-dire qu’elles pourraient, en un sens, toujours être fausses. Elles sont pour la plupart fondées sur nos sens ou le témoignage d’autrui. Mais nos sens et le témoignage sont des sources de justification faillibles. Ils ne nous permettent normalement pas d’exclure logiquement la possibilité que ce que nous tenons pour vrai soit en fait faux. Autrement dit, nos expériences ou le témoignage d’autrui, même s’ils rendent crédibles les propositions que nous tenons pour vraies, restent logiquement compatibles avec le fait que ces propositions soient fausses. En l’absence de source de justification infaillible, peut-on alors penser, il n’y a pas de certitude possible car la crédibilité des propositions que nous tenons pour vraies n’est pas maximale.

La question qui se pose alors, en particulier à Descartes, est celle de savoir si on peut, sur la base de propositions de départ qui ont le plus haut degré de crédibilité possible, comme « je pense », déduire d’autres propositions concernant le monde que l’on perçoit (ou du moins qu’on croit percevoir). En effet, à partir d’une proposition qui est elle-même épistémiquement certaine, on peut montrer que d’autres propositions le sont également si l’on peut montrer que ces autres propositions peuvent être logiquement déduites de la proposition de départ. Dans une bonne déduction, si les propositions sur lesquelles on se base pour tirer une conclusion sont vraies, alors la conclusion l’est également. En conséquence, si la vérité des propositions de départ est certaine, alors celle de la conclusion l’est également.

La manière dont Descartes a tenté de relever ce défi est elle-même discutable. Néanmoins, elle montre que si l’on considère qu’une proposition est certaine uniquement si elle a le plus haut degré de crédibilité possible, alors, pour montrer que l’on peut être certain de choses aussi triviales que le fait que nous avons deux mains, il devient nécessaire de montrer que ces choses peuvent être déduites de propositions de départ qui sont absolument certaines.

3. Penser et agir sans certitude

L’approche maximaliste de la certitude suggère qu’il n’est en réalité rationnel d’être certain que de très peu de choses dans la mesure où la plupart de nos opinions portent sur des propositions qui ne semblent pas pouvoir être déduites de propositions certaines telles que « je pense ». De ce fait, il devient important de déterminer si l’on peut raisonner et agir rationnellement sur des bases incertaines.

Etant donné l’émergence de la théorie des probabilités au XVIIe siècle et son axiomatisation au XXe siècle, les philosophes ont cherché à utiliser la notion de probabilité pour représenter une opinion incertaine. La notion de probabilité renvoie dans ce cadre à une mesure du degré de confiance d’un sujet pour la vérité d’une proposition sur une échelle entre 0 et 1. Ce degré de confiance est souvent compris relativement aux comportements de pari. Par exemple, en supposant qu’on me propose de parier sur la vérité de la proposition « il pleuvra à Paris demain » et que ce pari me rapporterait 1 euro si cette proposition était vraie et 0 euro si elle était fausse, si je ne suis pas prêt à miser plus de 0.8 euro sur la vérité de cette proposition, alors mon degré de confiance pour la vérité de cette proposition peut être représenté comme l’assignation d’une probabilité de 0.8 à cette proposition. Ainsi, selon cette approche, si une personne n’est pas absolument certaine du fait qu’il pleuvra à Paris demain, son opinion concernant la proposition « il pleuvra à Paris demain » peut être représentée comme l’assignation d’une probabilité non-maximale à cette proposition, c’est-à-dire, une probabilité inférieure à 1.

A partir de cela, la manière dont un sujet devrait raisonner sur la base de ce qu’il apprend, et la manière dont il devrait modifier son opinion en fonction de ces nouvelles informations, peut être comprise sur la base d’une règle de raisonnement probabiliste. Pour illustrer comment ce type de règle peut être appliquée, admettons qu’une personne est incertaine concernant la vérité de la proposition « il pleuvra à Paris demain » et assigne à cette proposition la probabilité de 0.8. Supposons qu’elle apprend avec certitude qu’une masse nuageuse se dirige vers Paris (qu’elle assigne une probabilité maximale à la proposition « une masse nuageuse se dirige vers Paris ») et que la probabilité qu’il pleuve à Paris demain s’il est certain qu’une masse nuageuse se dirige vers Paris est de 0.9. Une règle de raisonnement probabiliste permet dans ce cas de décrire comment cette personne devrait modifier son opinion concernant la proposition « il pleuvra à Paris demain ». Lorsque cette personne devient certaine qu’une masse nuageuse s’approche de Paris, elle devrait réviser son degré de confiance pour la proposition « il pleuvra à Paris demain » et lui attribuer la nouvelle probabilité de 0.9, plus élevée que la probabilité initiale de 0.8.

Un problème important, cependant, est qu’il n’est pas clair que ce qu’apprend une personne – ce sur la base de quoi elle raisonne relativement à des propositions incertaines – puisse être incertain pour elle. Lorsqu’une personne apprend qu’une masse nuageuse se dirige vers Paris, par exemple, il est plausible qu’il faille qu’elle soit certaine qu’une masse nuageuse se dirige vers Paris pour pouvoir raisonner sur cette base et modifier son degré de confiance concernant la proposition « il pleuvra à Paris demain » en conséquence. Si cette personne n’apprend pas avec certitude qu’une masse nuageuse se dirige vers Paris, quelle probabilité devrait-elle assigner à la proposition « une masse nuageuse se dirige vers Paris », et sur la base de quel raisonnement ? Ludwig Wittgenstein, dans De la Certitude, considère par exemple que tout doute, autrement dit tout raisonnement concernant la possibilité qu’une proposition soit fausse, doit nécessairement reposer sur des propositions charnières qui doivent être considérées comme certaines, et dont la vérité n’est pas elle-même garantie par d’autres informations que le sujet possède. Tout le problème est, bien sûr, de savoir si ces propositions charnières sont elles-mêmes épistémiquement certaines.

A l’instar des théories du raisonnement dans l’incertitude, les théories des décisions dans l’incertitude se sont appuyées sur la notion de probabilité pour décrire les décisions qu’il est rationnel de prendre sur la base de propositions incertaines. De manière générale, ces théories reposent sur l’idée qu’il est rationnel de choisir de réaliser l’action dont la valeur attendue est la plus grande étant donné l’incertitude du sujet par rapport à ses conséquences possibles. La valeur attendue d’une action peut être évaluée par un sujet sur la base de la valeur qu’il attribue aux conséquences possibles de cette action et de la probabilité des faits, hors de son contrôle, dont ces conséquences dépendent. Par exemple, supposons que je doive décider si je prends mon parapluie en sortant de chez moi et que je ne suis pas certain qu’il pleuvra dehors. L’utilité que je peux attendre du fait de prendre mon parapluie avant de sortir dépend de la probabilité que j’assigne aux propositions « il va pleuvoir » et « il ne va pas pleuvoir » et de la valeur que j’attribue aux conséquences que pourrait avoir le fait de prendre mon parapluie s’il va pleuvoir et s’il ne va pas pleuvoir.

Bien que la notion de valeur attendue permette en principe de représenter la prise de décision rationnelle dans un contexte d’incertitude, si cette incertitude est totale, la complexité des décisions qu’il est rationnel de prendre est immense. Dans un contexte d’incertitude généralisée, la quantité de choses dont un sujet n’est pas certain et dont les conséquences des actions entre lesquelles il doit choisir dépendent est très grande. Une simple décision entre le fait de prendre le bus pour se rendre sur son lieu de travail et le fait de s’y rendre à pied serait ingérable dans un tel contexte dans la mesure où le décideur devrait considérer toute les conséquences possibles que le fait, par exemple, de prendre le bus pourrait avoir.

4. Non-maximalisme et faillibilisme

Suivant George Edward Moore, un certain nombre de philosophes admettent néanmoins que la certitude est réalisable même pour les propositions, comme « j’ai deux mains », pour lesquelles nous ne disposons que d’une base faillible. Ils distinguent deux notions de possibilité : celle de possibilité logique et celle de possibilité épistémique, une possibilité épistémique étant une possibilité compatible avec ce qu’un sujet donné sait. Il aurait pu être le cas que j’aie les mêmes expériences sensorielles et que la proposition « j’ai deux mains » soit fausse, au sens où l’hypothèse d’un malin génie qui me tromperait systématiquement n’est pas logiquement contradictoire. Il ne s’ensuit pourtant pas qu’il est épistémiquement possible que la proposition « j’ai deux mains » soit fausse. Si je sais que j’ai des mains, et que je peux savoir cela sur la base de données faillibles, alors cette proposition peut être dite épistémiquement certaine. Selon une telle conception de la certitude épistémique, nous pourrions être rationnellement certains de propositions aussi évidentes que « j’ai deux mains », même si, en un certain sens, la justification n’est pas maximale puisqu’elle est faillible.

D’autres philosophes ont par ailleurs fait appel à l’idée de réfutation pour défendre une notion de certitude épistémique non-maximaliste. Une croyance est réfutée quand on a une raison suffisante de croire qu’elle est fausse. On peut soutenir qu’une proposition est certaine quand un sujet la croit vraie et que sa croyance est immunisée contre la réfutation. Si on me propose une raison de penser que je n’ai pas de mains – si on me dit, par exemple, que mon expérience visuelle de mes mains résulte d’une hallucination due à un accident de voiture dont je ne me rappelle pas – alors il semble que je sois en droit de remettre en question la validité même de cette raison – il se peut que l’on me mente ou que je sois en train d’halluciner ce dialogue. Il semble que même s’il m’est permis, dans un tel cas, de douter que j’ai des mains, ce doute n’est pas obligatoire et, en ce sens, il semble que je puisse raisonnablement en être certain. De la même manière, je n’ai pas moins de raisons de douter qu’un malin génie me trompe systématiquement que de raison de douter que j’ai des mains.

Enfin, certains philosophes ont aussi soutenu qu’un sujet peut raisonnablement être certain d’une proposition lorsqu’il est en position d’exclure la possibilité qu’elle soit fausse, mais que seules comptent les possibilités qui sont pertinentes étant donné le contexte dans lequel ce sujet se trouve. En d’autres termes, les critères de la certitude seraient variables. Dans les contextes de la vie ordinaire, par exemple, la possibilité d’être trompé par un malin génie n’est pas pertinente. Selon cette approche, dans ces contextes ordinaires, il n’est pas besoin d’exclure cette possibilité pour atteindre la certitude que nous avons des mains. Mais supposons que nous soyons dans un contexte philosophique, où nous discutons Descartes et la possibilité que nous soyons trompés par un malin génie. Il semble que la possibilité d’être trompé par un malin génie devient alors pertinente. Comme nous ne pouvons pas l’éliminer, dans ce type de contextes philosophiques la proposition « j’ai des mains » n’est pas certaine. Si on admet que la notion de certitude est sensible au contexte, en ce sens que les critères de la certitude varient, alors on peut admettre que dans un grand nombre de contextes, où les critères de la certitude sont peu élevés, beaucoup de propositions sont certaines pour nous.

Bibliographie

Descartes, Les Méditations Métaphysiques.

Descartes cherche un fondement certain et indubitable à partir duquel déduire toutes les autres vérités avec certitude. Pour ce faire, il applique la méthode du doute hyperbolique consistant à rejeter tout ce en quoi il peut envisager la moindre possibilité d’erreur. Il est ainsi mené à envisager la possibilité qu’un malin génie nous trompe tout le temps.

Moore, G. E., 1959, ‘Certainty’, in Philosophical Papers, London: George Allen & Unwin Ltd.

Traduction française et présentation de ce texte par Drigout, B., 2010. In: Philosophia Scientia, 14-1. Url https://philosophiascientiae.revues.org/144 et http://philosophiascientiae.revues.org/142

Moore défend une conception faillibiliste de la certitude selon laquelle les propositions concernant le monde extérieur peuvent être certaines. Il distingue en particulier la notion de possibilité logique – une proposition est logiquement possible si elle n’est pas auto-contradictoire – de ce qu’on peut appeler « possibilité épistémique » – une proposition est épistémiquement possible si elle n’est pas logiquement contradictoire avec les propositions que le sujet sait (avec certitude). Si je sais (avec certitude) que j’ai des mains, alors il est épistémiquement impossible que le monde extérieur n’existe pas et cette proposition est certaine.

Wittgenstein, Ludwig, 1969, On Certainty, G.E.M. Anscombe and G.H. von Wright (eds.). New York: Harper & Row.

Unger, Peter, 1975, Ignorance: A Case for Scepticism. Oxford: Clarendon Press.

Dans ce livre, Unger défend en particulier l’idée que la connaissance implique la certitude subjective et le droit d’être certain. Cependant, poursuit-il, nous sommes subjectivement certains de très peu de choses, et, quoi qu’il en soit, nous n’avons jamais le droit d’être certain de quoi que ce soit. La certitude serait en effet une attitude de fermeture d’esprit dogmatique. Il en conclut que la connaissance est impossible.

Films

Matrix : réalisé par Les Wachowskis et sorti en 1999, ce film est une illustration moderne de l’hypothèse du malin génie proposée par Descartes. Thomas A. Anderson (Keanu Reeves), informaticien et hacker, découvre que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel contrôlé par des machines.

Inception : réalisé par Christopher Nolan et sorti en 2010, ce film met en scène Leonardo Di Caprio dans le rôle d’un « extracteur », un voleur utilisant les rêves partagés pour retirer des informations du subconscient de ses victimes. Dans ce film, on interroge en particulier la possibilité de distinguer le rêve et la réalité.


Miloud Belkoniene
Université de Fribourg
miloud.belkoniene@unifr.ch


Jacques-Henri Vollet
Université de Genève
jacquesvollet@yahoo.fr